Pascal Broulis pendant son exposé

Pascal Broulis présente son bilan

Pascal Broulis pendant son exposé

Pascal Broulis pendant son exposé

«Accompagner la croissance et le développement du canton de Vaud», tel était le sujet de l’exposé que le Président du Conseil d’Etat Pascal Broulis est venu délivrer mardi dernier à Chavornay aux nombreux participants qui avaient répondu présents à l’invitation de l’ADNV et de son groupe «Finances publiques».

L’occasion pour le grand argentier cantonal de présenter un bilan particulièrement favorable de sa gestion, qu’il attribue d’ailleurs toujours au collège complet du gouvernement en rappelant le programme de législature prévu par la nouvelle constitution qui a été signé par les sept membres de l’exécutif.

Des chiffres éloquents

Lorsque Pascal Broulis a pris ses fonctions, le canton était dans les chiffres rouges et son endettement avoisinait les 9 milliards de francs. «On a calculé qu’avec un endettement de l’ordre de 10 milliards, le canton ne pourrait pas vivre» a précisé l’orateur. «C’est la raison pour laquelle nous nous sommes attelés à réduire drastiquement cet endettement, ainsi que le découvert annuel qui l’accompagnait».

Et sur ce plan, on doit reconnaître qu’avec un endettement inférieur à 2 milliards actuellement et des comptes de fonctionnement positifs depuis plusieurs exercices, la situation financière du canton s’est considérablement améliorée. Pascal Broulis est tenant d’une politique rigoureuse, devant permettre aux élus de choisir les actions et les domaines dans lesquels le pouvoir public doit agir, plutôt que de passer son temps à payer des intérêts et à rembourser une dette. En comparaison internationale, et s’agissant de sa dette, le canton est noté AA+ par les fameuses agences de notation, alors que de nombreux pays européens n’atteignent pas ou plus cette note. Un sujet de satisfaction évident, mais qui ne doit pas faire oublier la planification et l’investissement pour le futur.

Le Nord Vaudois

Dans la planification financière allant jusqu’en 2020, le canton a prévu d’investir environ 1,4 milliard de francs dans le Nord Vaudois, sur un total cantonal de près de 13 milliards. L’Arc lémanique a suffisamment recueilli les fruits de la croissance et c’est de ce côté-ci du canton que vont se développer de nouvelles entreprises, avec l’appui du Conseil d’Etat, qui souhaite qu’elles soient actives dans la production ou dans la recherche et le développement.

La HEIG VD fait d’Yverdon-les-Bains un pôle de formation supérieure reconnu loin à la ronde, et qui rend même le canton de Neuchâtel plutôt soucieux. La pyramide des âges et l’accroissement de la population du canton permettent de faire des projections positives en matière de couverture des besoins sociaux et médicaux, à l’inverse de ce qui se passe dans certains cantons de Suisse alémanique.

Le président du Conseil d’Etat a aussi très clairement appelé au maintien de l’ouverture maîtrisée des frontières et à l’intégration d’une immigration, impérative pour consolider la fameuse pyramide des âges : un discours qui tranche avec les idées actuelles de certaines formations qui voudraient que la Suisse se referme.

Ca coûte cher d’être riche

La philosophie de Pascal Broulis a aussi ses limites. Selon des statistiques récentes, le canton de Vaud est parmi les plus chers en terme de pouvoir d’achat. Les loyers, dans certaines zones, sont devenus simplement inabordables pour les autochtones, en raison en particulier du développement économique soutenu et de l’arrivée de très gros salaires, souvent étrangers. Par ailleurs, la fameuse RPT au niveau fédéral frappe particulièrement Vaudois et Genevois, puisque ces deux cantons contribuent de façon plus que substantielle au bien-être des cantons moins bien gérés ou moins dynamiques. Il n’est pas tout à fait anodin de noter que si la région de Genève-Vaud compte environ 15% de la population suisse, elle contribue pour plus de 25% à la répartition des richesses, en versant notamment plusieurs centaines de millions par année au canton du Valais et plus d’un milliard au seul canton de Berne. De quoi s’interroger sur les limites de l’excellence en matière d’orthodoxie comptable et sur le principe même de la croissance sans frein à laquelle le dogme libéral semble nous condamner.

 

Photo Olivier Gfeller