Mmes Béatrice Métraux et Sylvie Bula, et M. Philippe Jaton (porte-parole de la Gendarmerie) répondaient à la presse.

Orbe: la Croisée, prison passoire

Mmes Béatrice Métraux et Sylvie Bula,  et M. Philippe Jaton  (porte-parole de la Gendarmerie)  répondaient à la presse.

Mmes Béatrice Métraux et Sylvie Bula,
et M. Philippe Jaton
(porte-parole
de la Gendarmerie)
répondaient à la presse.

Cinq évadés en juillet, six en octobre, la sécurité de la prison préventive de la Plaine de l’Orbe laisse à désirer. La Conseillère d’Etat Béatrice Métraux et la cheffe du service pénitentiaire Sylvie Bula ont convoqué la presse pour évoquer ces deux événements et le résultat d’une première analyse des défaillances constatées. Il a été dit d’abord que les manières de procéder des évadés ont été différentes. Si en juillet les prisonniers ont pris la poudre d’escampette par les toits, ceux du week-end dernier ont passé par les couloirs et le service socio-culturel pour s’en aller.

A propos de cette dernière fuite, les six individus ont pu ouvrir les portes des trois cellules dans lesquelles ils se trouvaient par paire, grâce aux ustensiles dont ils disposent pour manger (cuillères et couteaux à bout rond). Ensuite ils ont recouvert les caméras intérieures avec des vêtements afin de ne pas être repérés. Précisons que de nuit, le personnel de service a davantage l’œil sur les caméras donnant sur l’extérieur du bâtiment. Arrivés sur le parking qui se trouve dans l’enceinte de La Croisée, en brisant des vitres sans barreaux, ils ont pu sortir en profitant du couvert de la déchetterie qui se trouve adossé au grillage de sécurité !
Portes à revoir

Cette accumulation de faits a mis en lumière les défaillances du système de contrôle. A commencer par les portes qui ne répondent plus aux critères actuels quand bien même cet établissement a été rénové en 2003. Ensuite, les caméras intérieures ne servent qu’à surveiller sans déclencher l’alerte. Ce système infrarouge ne couvrait pas non plus certains angles morts. Autant dire que de nombreuses remises en question sont devenues impératives car les malfrats sont toujours plus habiles et comme ils cohabitent souvent dans la même cellule, ils ont tout le temps d’ébaucher leur évasion en observant leur environnement.

En plus de l’audit qui s’impose, des contacts seront pris avec des cantons alémaniques qui viennent de construire de nouvelles prisons, quant aux mesures à prendre. Il faudra aussi revoir l’étanchéité du mur d’enceinte ce d’autant plus que le Canton va augmenter la capacité de la Croisée avec 80 nouvelles places. Des dispositions qui seront prises par le Conseil d’Etat et le Grand Conseil, et dont on espère que tous auront conscience de la nécessité d’investir pour garantir la sécurité intérieure et celle de la région.

Gardien limogé

Même si les intervenants ne se sont pas véritablement exprimés sur le problème du personnel, du moins sur celui qui était présent au moment de ces évasions, il est patent que les gardiens ne sont pas assez nombreux. Il faut savoir, par exemple, que 250 personnes sont détenues alors que la prison est prévue pour 180 résidents. On sait aussi que cette surcharge de travail stresse les surveillants qui accumulent les burn-out dans une situation interne très tendue, selon nos informations. L’enquête sur la première évasion a démontré aussi le laxisme d’un membre du personnel qui déclenchait régulièrement le système de surveillance extérieure pour éviter qu’il ne soit dérangé par des animaux de passage à proximité de l’enceinte.

Ce surveillant a été limogé, car soupçonné de complicité. Il est donc temps que des mesures soient prises rapidement afin que la prison de La Croisée ne permette plus des évasions aussi nombreuses comme c’était le cas dans les années 80 à Bochuz. On notera que si quatre évadés ont été repris à Suchy grâce à l’intervention rapide d’une dizaine de patrouilles dont deux de la Police du Nord Vaudois, les autres sont toujours en fuite. Seuls deux des cinq évadés de la première fugue ont été repris.

Photo Pierre Mercier