Des toits remplis d'histoire

Orbe et l’indépendance vaudoise

Des toits remplis d'histoire

Des toits remplis d'histoire

Avant de célébrer le 213e anniversaire de l’indépendance de notre bien joli canton, remémorons-nous quelques événements urbigènes qui firent suite au 24 janvier 1798.

Impossible d’évoquer l’indépendance vaudoise sans penser au Major Davel dans la tête duquel l’esprit révolutionnaire vaudois est né. Nul n’étant prophète en son pays, sa tête lui fut coupée, mais l’esprit de la révolution fit son chemin. La tragique histoire du Major Davel permet d’en dire long sur la syndrome vaudois. Plus proche de nous, dans notre petite ville d’Orbe, la révolution vaudoise avait suscité quelques réactions.

Notre cité urbigène s’était illustrée lors de la révolution de 1798 à l’image d’un petit village gaulois, sauf que celui-ci demeurait fidèle à l’envahisseur bernois et surtout à l’ancien régime. Dernière ville à s’être soumise à la révolution vaudoise, elle ne put opposer une grande résistance aux armées françaises. Ce n’est qu’une fois que le Consul retira ses armées de Suisse qu’un comité d’insurrection se constitua autour du Major Pillichody. Son objectif était de rétablir l’ordre des choses d’avant 1798. Accompagné d’hommes de Sainte-Croix et du district de Grandson, le major Pillichody parut devant Orbe le 30 septembre 1802 et chassa le capitaine Joffrey, commandant d’Orbe dont la garnison était composée d’hommes de La Sarraz. Suivi par la plupart des patriotes de la ville, Joffrey passa le pont des Moulinets et s’établit au Devent.
Pillichody, qui fut nommé commandant d’Orbe, avait donné rendez-vous à ses adhérents des villages du Pied du Jura, de Vallorbe, Ballaigues et Vaulion, mais il les attendit en vain durant toute la journée. Le préfet du Léman dirigea trois armées sur Orbe pour mettre fin à l’insurrection. La première, dirigée par le commandant Wasserfall, arriva depuis Chavornay. La seconde, dirigée par le commandant Blanchenay, arriva depuis Cossonay et se positionna au Devent avec Joffrey. La dernière, dirigée par le commandant Guignard, arriva par la route d’Yverdon.
Le chef des Bourla-papey, Reymond, se rendit à Chavornay et obtint de Wassefall l’autorisation d’entrer à Orbe par le pont des Granges. Il fut reçu par une fusillade qui le blessa à la cuisse et le mis hors combat. Le lendemain, le commandant Guignard avança sur Orbe depuis la route d’Yverdon. Armé de canons, il ouvrit le feu en direction de la ville, mais ayant réglé ses tirs trop haut, les boulets retombèrent sur les hommes de Blanchenay postés sur la route d’Arnex. Se croyant attaqué, Blanchenay se replia sur Arnex, laissant la possibilité à Pillichody de fuir par le Puisoir pour rejoindre Montcherand et se cacher dans les montagnes qui surplombent la plaine. Wassefall passa sans encombre le pont des Granges et entra dans la ville. Blanchenay entra à Orbe depuis le pont des Moulinets et essuya des tirs provenant de maisons qui furent ensuite pillées. Arrivant du côté de la porte Paillardet, Guignard fut également reçu par des tirs provenant d’une maison de la ville. Le capitaine David ayant été tué, des soldats s’employèrent à piller la maison d’où les tirs étaient partis. Ce n’était là que moindre mal puisque le Capitaine David voulait ruiner la ville. En effet, un grand nombre de femmes des environs arrivèrent avec des sacs pour emporter le pillage. La fureur des troupes allait heureusement être tempérée par l’ancien sénateur Secretant qui avait rejoint les patriotes lausannois. Le calme fut définitivement rétabli grâce  à une contribution de 12 000 francs demandée par Blanchenay et payée par la ville.
Orbe se rallia ensuite au reste du Canton. La ville allait ensuite s’épanouir durant l’époque industrielle qui suivit. Espérons que cet événement peu flatteur pour notre ville reste à jamais dans l’histoire et qu’à l’avenir, notre ville continuera à s’inscrire pleinement dans la modernité.