Le Lindner déblaie les parcs.

Orbe, on déneige à quatre heures

Le Lindner déblaie les parcs.

Le Lindner déblaie les parcs.

La ville va s’éveiller sous une dizaine de centimètres de neige. Depuis un quart d’heure, onze ouvriers de la voirie convergent vers leur atelier, à la rue de l’Etraz. Sur place, quatre véhicules sont prêts à déblayer routes et chemins, deux autres plus petits dégageront les trottoirs et le solde des hommes s’emploiera à nettoyer, à la pelle et au racloir, escaliers et autres endroits délicats. La cavalerie est en route. Le camion de Didier va ouvrir la marche. Sans saleuse, en attendant celle que le Conseil Communal a récemment autorisé d’acheter, il précède un autre poids lourds dont Patrick a pris le volant. Equipé d’une lame et d’une saleuse, il va compléter le travail fait par le premier véhicule. Il faut faire vite car les premières voitures pointent le bout de leur nez.

Une attention très soutenue

Tout commence dans les rues escarpées, Saint-Eloi puis route d’Arnex. Déblayer la jonction avec la route filant vers Agiez prend du temps afin de déneiger correctement les différentes bretelles. On passe au rond-point de Fleur de Lys où le travail est un peu moins compliqué, même s’il faut une petite dizaine de minutes pour le dégager. Notre chauffeur se montre prudent, car son véhicule glisse un peu puisque l’on a pris le pari de ne pas mettre de chaînes. On se rend ensuite au bas de la ville, en passant une nouvelle fois par Saint- Eloi, point crucial de la circulation urbigène en hiver. On prend soin du débouché de la route de contournement sur celle de Chavornay.

Là aussi, le nettoyage se veut propre, mais il faut être très prudent, car de nombreuses automobilistes quittent la ville à4 h. 30. Les manœuvres sont délicates, car il faut avancer et reculer continuellement sans endommager quoi que ce soit. Dans le même temps, le chauffeur articule sa lame pour amasser la neige dans des angles morts. Une double mission qui demande beaucoup d’attention. La voirie n’est pas la seule à la tâche. Plusieurs entreprises accomplissent le travail pour des privés puisque la commune ne s’en occupe plus depuis trois ans.

Faciliter les transports publics

Pendant ce temps, le Lindner, engin léger et très maniable du service des parcs et jardins, a procédé à un premier nettoyage du centre-ville, moins sollicité à ces heures très matinales et en plus à plat. Il est l’heure pour les camions de peaufiner et de saler ces rues. Les carrefours du haut de la localité font l’objet de soins particuliers lorsque les automobilistes veulent bien laisser travailler les camions, équipés de feux orange pour être bien vus. Au rond-point de la Croix, un écriteau a été partiellement renversé par un imprudent qui a quitté les lieux sans demander son reste. Ensuite, les machines s’activent à déblayer les axes que les transports publics vont utiliser (Place de la Gare, Casino ou divers secteurs de la ville que l’Urbabus va parcourir). Le chemin de la Dame est fermé par la police, le temps de laisser un véhicule plus léger (Holder) le déneiger, comme la rue de la Tranchée ou celle de la Tour Carrée, par exemple. Il est
5 h. 30 et les premiers piétons font leur apparition quand il ne s’agit pas de sortir le chien pour ses besoins naturels! Les trottoirs ont été débarrassés de l’or blanc, mécaniquement ou manuellement. Tout se fait en harmonie sans appui de radios dont les communications coûtent cher.

Epandre et laisser fondre le sel

Une quarantaine de kilomètres de route sont ainsi délestés de neige. En temps normal (sans neige), il faut deux heures et quinze minutes pour faire le travail. En plus de la conduite et du maniement de la lame, Patrick a la tâche de répartir le sel à bon escient depuis son siège de chauffeur par le biais de l’électronique. 8 grammes par mètre carré au plat jusqu’à 14 g dans les pentes, et la commune a déjà déversé 54 tonnes de cette matière cette saison pour faciliter la tâche des véhicules de tout genre. Rien ne sert non plus d’abuser du raclage, il faut laisser le sel agir, ce d’autant que le passage des voitures accélère le dégel, la plupart du temps. A 7 heures, tout le monde se retrouve à l’atelier pour faire le point et relever certains chauffeurs, à l’attention fort sollicitée et pour répondre à la loi (tachygraphe). En compagnie du chef (Christian), on fait l’inventaire des endroits à nettoyer et à faible trafic (Philosophes, chemins des Vignes ou des Ars, etc). Comme il est l’heure de déblayer les parkings à ciel ouvert ou certains escaliers, sans oublier les passages piétons qu’il faut rendre visibles pour la sécurité des Urbigènes.

Un travail titanesque

Comme vous pouvez vous en rendre compte, à l’heure de vous déplacer, une douzaine d’hommes ont déjà effectué un immense travail avec une précision exemplaire pour vous faciliter la vie. Ils méritent notre respect, car ils ont déjà effectué 600 heures supplémentaires pour le seul déneigement de la ville. Ce jour-là, leur travail n’était pas terminé, car la neige est annoncée à nouveau pour les 24 heures à venir. Quelques-uns vont continuer à déneiger et d’autres vont reprendre leurs activités habituelles jusqu’à 17 heures. Ils seront à nouveau sur le pont le lendemain aux aurores. Alors, ayez l’égard nécessaire, lorsqu’ils se trouvent sur votre route ou à l’heure de parquer votre voiture le soir, afin de les aider à nettoyer au mieux votre rue, à l’heure où vous dormirez encore. Merci à Patrick, Nicolas, José et Didier (chauffeurs) Benedito et David (trottoirs), Antonio, Frank, Marcos, Vasvi et Virgile, ainsi qu’à leur chef Christian pour leur dévouement.

Photo Pierre Mercier