Le bâtiment de la Grande Abbaye a triste allure maintenant.

Orbe: chantier de la Grande-Abbaye arrêté grâce aux voisins

Le bâtiment de la Grande Abbaye a triste allure maintenant.

Le bâtiment de la Grande Abbaye a triste allure maintenant.

Le chantier de la Grande Abbaye a été stoppé après plusieurs plaintes des voisins car le promoteur ne respectait pas la mise à l’enquête.

En fait, l’entrepreneur a décidé après le début du chantier de creuser plus que prévu et construire un parking souterrain.

L’idée d’un parking enterré serait plutôt bien vue des voisins, mais ce creusement inopiné n’était pas dans la première mise à l’enquête. De plus tout un pan de la façade de la Grand Abbaye (protégée) est tombé. Et pour couronner le tout, une deuxième place de parc souterraine est apparue dans la rue des Moulinets, ce qui n’a pas été non plus apprécié. La rue des Moulinets n’autorise pas le passage des voitures, seulement celles des bordiers autorisés à décharger. Et les habitants tiennent à cette tranquillité.

Le promoteur a essayé de faire une mise à l’enquête partielle mais il y avait trop de différences par rapport au premier projet et il a dû la retirer. La commune a exigé une nouvelle mise à l’enquête.

Intérêt historique

La Grande Abbaye, bien qu’ayant un classement moyen dans la liste des bâtiments protégés (note 4), présente un intérêt historique certain pour Orbe. Ce fut, rappelons-le, le premier établissement orthopédique du monde, c’est là que le Dr Jean-André Venel (1740-1791) mit au point des instruments d’orthopédie pour les enfants, entre autres inventions.

Pour pouvoir construire le bâtiment projeté et faire passer les engins de chantier, il fallait détruire une partie de l’enceinte médiévale.

Ce site contient aussi les soubassements d’une des tours de garde d’Orbe. Un archéologue mandaté était chargé de surveiller le chantier. L’entrepreneur a pris des libertés et a commencé à démolir beaucoup plus que prévu. Cependant, l’archéologue, simple mandataire, n’a pas le pouvoir de permettre ou pas. Le SIPAL (Service des immeubles, du Patrimoine et de la Logistique) a dénoncé ces pratiques auprès du préfet.

Nombreux manquements

Tous les voisins du chantier se sont plaints du manquement général aux règles de sécurité, surtout du côté de la rue des Moulinets où un cadre de fenêtre est tombé dans la rue, manquant de peu une mère et ses enfants. Le chantier est maintenant à l’arrêt mais rien n’a vraiment été sécurisé, il tombe des gravats et du plâtre dans la rue. Un pan de mur du côté des Moulinets semble ne tenir à pas grand-chose.

Dernièrement une séance de conciliation s’est tenue entre le promoteur et les autorités communales pour trouver un arrangement. Pour le moment, rien n’a bougé, les autorités attendent la nouvelle mise à enquête et les remarques du service cantonal d’archéologie, que nous n’avons pas pu joindre à ce jour.

Photo Natacha Mahaim