Curt Blattner de retour à Orbe

Nestlé: le retour de Curt Blattner

 Curt Blattner de retour à Orbe

Curt Blattner de retour à Orbe

Il avait déjà dirigé l’usine entre 1996 et 2000. Il revient comme directeur du PTC. Cet ingénieur bernois avait laissé un excellent souvenir lors de son premier passage dans la localité. En effet, à la suite du refus du peuple suisse d’entrer dans l’Espace Economique Européen (1992), cette dernière avait imaginé taxer de 19% toutes les exportations extérieures à l’EEE.

La menace de fermer l’usine d’Orbe et son centre de recherche (Linor devenu PTC) était envisagée. Devant cette situation, les autorités urbigènes ont alerté le Conseil d’Etat vaudois et la Confédération. Jean-Pascal Delamuraz s’était même déplacé en personne pour envisager une solution comme le négociateur en chef de la délégation suisse à Bruxelles. C’est à l’heure de la deuxième phase des bilatérales que les Européens ont accepté une exception sur la base du tonnage livré jusqu’ici aux pays affiliés à l’EEE, ce qui correspondait aux deux tiers de la production de café de l’usine d’Orbe.

La conclusion définitive de cet accord assurait définitivement le maintien du site. C’est à ce moment-là que Curt Blattner est arrivé. D’abord, il allait obtenir des différentes autorités d’implanter la première usine Nespresso qui sortira de terre en 2003. Peu après, il parvenait à convaincre ses supérieurs d’ériger une nouvelle usine Salta (Nescafé) construite en 2004, démontrant que, malgré le coût de la main d’œuvre, l’usine d’Orbe était l’une des plus rentables de la planète Nestlé.

Berceau du Nescafé

C’est dire que Curt Blattner a largement contribué au développement de l’usine d’Orbe, relayé qu’il fut par Daniel Sautrey. Il avait ainsi renforcé une relation privilégiée avec les autorités communales, une voie ouverte par Daniel Nicole (syndic puis préfet) en compagnie de Ruppert Gasser. A l’époque où le Bernois dirigeait l’usine, cette dernière comptait au début près de 500 employés. Aujourd’hui, elle en dénombre 1500 avec notamment les ouvertures du New Professional Beverage Center, du CPW (recherche sur les céréales), le développement du Nescafé Dolce Gusto ou comme le special Tea (capsules de thé) ou le Nestlé System Technology Center.

Au point que le nouveau directeur du PTC n’hésite pas à dire qu’Orbe est le berceau du Nescafé, dont les prémices datent de 1938 dans une usine qui a vu le jour en 1901 à l’instigation de Daniel Petter qui sera à l’origine du chocolat au lait. Cependant, il semblerait que le site ait atteint sa capacité maximum, selon Johannes Baensch, directeur de Nestlé R&D Global, même si certains projets animent toujours les responsables de la multinationale.

Recherche et fabrication

C’est donc dans ce cadre que Nestlé avait invité la Municipalité et ses services pour une présentation du site. L’occasion de resserrer des liens d’amitié qui réunissent les deux parties. Une confiance réciproque dans la mesure où le syndic Claude Recordon et ses collègues ont toujours su garder la confidentialité nécessaire pour ébaucher des projets.

Aujourd’hui, la recherche est aussi importante que la fabrication. Au niveau de la statistique, on notera que le PTC est le principal employeur avec 497 personnes, précédant Nespresso (326) et Nestlé Suisse (Nescafé) avec 257 employés parmi les sept entités présentes sur le site urbigène. On doit donc se réjouir de cette entente parfaite qui a permis à Nestlé de développer l’un de ses plus grands centres planétaires sur la place d’Orbe.

Photo Pierre Mercier