Danilo Wyss au dernier Tour d’Italie.

L’optimisme de Danilo Wyss

Danilo Wyss au dernier Tour d’Italie.

Danilo Wyss au dernier Tour d’Italie.

Le seul coureur professionnel de notre région avoue que les révélations des différentes affaires qui surgissent à propos du vélo l’atterrent. «C’est un mauvais coup pour notre sport. Cependant, je suis persuadé que nous allons dans la bonne direction. A la fin du vingtième siècle, les cyclistes s’offusquaient face aux contrôles. Ils allaient même jusqu’à attaquer en justice les résultats des analyses. Aujourd’hui, tout le peloton réclame plus de contrôles et surtout des sanctions plus lourdes à l’égard de ceux qui sont restés dans les mailles du filet. Lorsque les fautifs écoperont de cinq ou dix ans de suspension, certainement qu’ils seront beaucoup moins tentés de tricher».

Doué et travailleur

Danilo assure n’avoir jamais été approché par quiconque dans ce domaine. Il prétend aussi que la pratique n’existe pas dans la formation BMC qui l’emploie. «On sait dans une équipe s’il y a des suspicions. Tous les coureurs de Festina ou US Postal étaient au courant de ces pratiques. Il est vrai aussi que personne n’est à l’abri de la dérive d’un coursier qui pourrait être tenté par le dopage. A l’intérieur de mon team, il y a constamment des contrôles et je me sens surveillé. Concernant mon leader, Cadel Evans, je puis vous assurer que ses performances sont dues au travail et au fait qu’il soit doué. Sa déception a été grande de ne pas pouvoir suivre les meilleurs sur le dernier tour de France qu’il a préparé tout particulièrement. Ce qui me semble démontrer que l’on ne peut pas toujours être au mieux de sa forme lorsque l’on est propre».

Le cas Cancellara

Wyss est convaincu que l’on peut gagner un grand tour sans avoir besoin du dopage. «On peut être fort sans forcément être dopé. J’ai confiance en mes collègues de travail et je suis persuadé que l’on parviendra à vaincre ce fléau car nous avons tous la volonté d’éradiquer le dopage de notre sport». Lorsque nous évoquons l’entourage de Fabian Cancellara (avec son directeur sportif Bjarne Riis et son adjoint Kim Andersen, tous deux dopés voire exclu du peloton pour le dernier), le coureur urbigène vient immédiatement au secours du Bernois.

«C’est par le biais de Bobby Julich que je sais que l’équipe de Spartacus n’est pas dans la tourmente. L’Américain faisait partie de l’US Postal d’Armstrong lorsque sa femme a découvert qu’il utilisait des produits interdits. Elle l’a forcé à changer de formation pour rejoindre celle de Riis où il n’a rien vu de suspect».

Se débarrasser des dopés

N’empêche que le cyclisme doit se débarrasser de tous ces coureurs qui ont triché quel que soit le rôle qu’ils occupent aujourd’hui, pour nous faire croire à un renouveau. Tant que ces gaillards rôderont dans le milieu, la tempête pourra repartir demain. Tricheurs ils ont été, tricheurs ils resteront, surtout avec l’appât du fric. Pour éviter cela, il faudra également que l’UCI cesse d’être compatissante comme elle l’a été trop longtemps et n’accepte plus aucun compromis.