La Sénégazelle: une sacrée expérience

Elle y retournerait demain au Sénégal pour revivre cette aventure magnifique au contact du groupe de 64 jeunes femmes qui ont pris part à cette compétition et à la rencontre de l’Afrique. L’aventure a pourtant mal commencé pour Séverine Fresneau. En arrivant à Dakar, la native de Chavornay a dû patienter pendant quatorze heures afin de franchir les contrôles douaniers.

Seule citoyenne n’appartenant pas à l’Union européenne (61 Françaises et 2 Espagnoles), elle s’est vu refuser l’entrée au pays n’ayant pas de visa. Il aura fallu l’intervention du chef de la police de Dakar, sous la pression de l’organisateur de cette compétition à but humanitaire, pour que la Suissesse puisse se rendre à Simal, lieu de départ. «Nous avons atterri un dimanche matin à 6 heures.

Comme il me fallait un visa, j’ai dû patienter car le chef de la douane sénégalaise ne pouvait pas se déplacer le jour du Seigneur. Et comme personne n’était en mesure de m’accorder le sésame, j’ai craint de devoir retourner en Suisse. Mais le responsable de l’organisation, Michel Ferron, a remué ciel et terre pour me «libérer». Et lorsque ce fut le cas, aux environs de 20 heures, un véhicule m’attendait pour rejoindre mes collègues».

Des Sénégalais généreux

Si les courses à pied n’étaient pas très longues, une dizaine de kilomètres par jour, c’est le sable qui posait quelques problèmes. Tout s’est cependant bien passé puisque Séverine a terminé septième du classement final. «Je garderai d’abord le souvenir de gens particulièrement généreux malgré leur pauvreté. Tous les soirs, nous avions droit à de petits spectacles intéressants.

Je me souviendrai également de la remise du matériel scolaire dans des classes villageoises spartiates où l’ardoise règne en maître puisque les cahiers ne sont utilisés que pour les leçons à la maison. Nous avons visité avec émotion Gorée, d’où les Noirs étaient envoyés en esclavage en Amérique».

Super ambiance

«J’ai bien aimé la nourriture locale qui nous était servie et nous avons appris à vivre dans des cases sans confort dans lesquelles nous tentions de dormir l’après-midi alors qu’il faisait 35 degrés à l’extérieur. Une fois, nous avons manqué d’eau en cours de douche et on nous a demandé de patienter une demi-heure, le temps d’aller chercher le précieux liquide dans un puits à proximité!

Cela nous rappelle la chance que nous avons chez nous. Si le contact avec la population a été très enrichissant, l’ambiance entre les concurrentes a été particulièrement agréable. J’en ai été surprise et je pense y retourner l’année prochaine car vraiment ce ne fut que du bonheur!».

Photo Séverine Fresneau