Grand-Rue près de la COOP.

La sécurité en question à Vallorbe

Grand-Rue près de la COOP.

Grand-Rue près de la COOP.

On sait que depuis la mise en place du nouveau système de police à Vallorbe, le cadre de compétences des anciens agents de la police municipale a été restreint. En particulier, le droit d’user de la force publique et de retenir quelqu’un contre son gré leur a été enlevé, au profit des seuls gendarmes ou membres de la police cantonale. Cette nouveauté n’a, semble-t-il, pas échappé à la population du CEP (Centre d’enregistrement et de procédure), qui redouble d’activité délictueuse dans les commerces.

Les plus fréquemment visés sont les deux magasins Migros et COOP, voisins à la Grand-Rue, qui présentent un grand nombre d’articles attractifs, à disposition de chacun en rayon. Les membres du personnel des deux commerces en question sont unanimes pour déplorer le nouveau système de sécurité municipale. «Avant, on appelait et les agents étaient sur place en quelques minutes. En plus, lors d’une interpellation, le délinquant était menotté et reconduit au CEP en fourgon, ce qui sur le plan symbolique devait avoir une influence sur les autres requérants» explique une employée qui souhaite garder l’anonymat.

Actuellement, si les gendarmes viennent, ce qui n’est pas toujours le cas, un procès-verbal est dressé, mais il arrive fréquemment que le fautif puisse repartir libre et sans autre conséquence immédiate. ça n’est pas pour contribuer à la dissuasion.» «Je passe mon temps à faire de la prévention», explique un autre employé, qui précise: «Nous devons faire très attention et nous prenons sur le fait nombre de voleurs. Les articles les plus prisés sont les alcools et les cosmétiques». Les membres de la sécurité municipale font encore des rondes, mais leur présence n’est plus aussi dissuasive qu’avant. Pas plus que les système internes de surveillance.

Du champagne dans un sac à dos en toute impunité

Un autre témoignage fait état d’un cas de vol de bouteilles de champagne en nombre, mises dans un sac à dos, puis transportées calmement jusqu’à la gare. «J’ai suivi les voleurs pour tenter de leur reprendre leur sac», précise le collaborateur. «Ils avaient déjà disparu dans le train, et malgré le fait que j’aie appelé la gare de Lausanne, ils n’ont jamais été interpellés». Dans ce cas encore, la police municipale a déclaré ne pas pouvoir intervenir en raison des nouvelles normes réglementaires et les gendarmes ne sont, semble-t-il, jamais arrivés. Sur le plan technique, l’interpellation par des membres du personnel des magasins est délicate. On exige d’eux qu’ils soient en permanence au nombre de deux en présence de délinquants, ceci jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre.

Mais un tel dispositif n’est pas toujours possible en raison des effectifs tournants. Certains employés se plaignent aussi d’un manque manifeste de civilité et de politesse, les injures et agressions verbales étant légion. Sans vouloir pointer du doigt la population du CEP, il est toutefois clair que plus de 95 % des vols ou tentatives de vols sont le fait des requérants. «J’ai travaillé en ville, explique un autre employé, et nous avions moins de problèmes de ce type. Ce n’est pas normal, pour un bourg de moins de 4 000 habitants de devoir subir ce genre de comportements délictueux. En plus, suivant la provenance des intéressés, on n’est pas très rassuré de devoir les interpeller pour leur faire vider leurs poches». Au vu des témoignages recueillis, le problème est bien réel. Il est corroboré aussi bien par un sentiment général de ras-le-bol exprimé par la population que par d’autres indices, comme la démission du commandant actuel du service de sécurité municipale qui souhaite reprendre son véritable métier de policier.

Photo Olivier Gfeller