Projet – Vue extérieure de la Grand-Rue.

Grand-Rue : à quand la balle de match ?

Projet – Vue extérieure de la Grand-Rue.

Projet – Vue extérieure de la Grand-Rue.

Un peu d’histoire

Notre bien chère Grand-Rue, artère névralgique, commerciale et bien vivante au centre de notre bonne ville d’Orbe se termine en sa partie construite nord, en dessous de l’Esplanade du Château, par un ancien garage et une petite maison familiale, deux bâtiments dont l’effet historique n’est pas péremptoire.

Il est bon de savoir que les instances cantonales en matière de conservation du patrimoine construit estiment, à juste titre à nos yeux, que le bâti historique de cette rue a déjà subi un certain nombre d’atteintes dont certaines sont même qualifiées «d’interventions brutales» (sic).

Métaphore intelligente s’il en est et empreinte d’une nostalgie partagée par de nombreux amoureux de ce qu’il reste de notre vieille ville.

Les deux bâtiments cités ont été acquis par un promoteur urbigène voici de nombreuses années en vue de démolition et reconstruction, projet ayant fait l’objet de maints plans, mises à l’enquête, oppositions (au nombre impressionnant de 250 !), levées d’oppositions, modifications, propositions de diverses commissions, etc.

Un référendum populaire avait, rappelons-le en 2009, approuvé l’option du Conseil communal accordant un droit de superficie permettant d’implanter un parking sous la parcelle publique contiguë au frais du promoteur dans une proportion de 3 votants sur 5.

Logique cerise sur le gâteau: l’affaire a été présentée au Tribunal Administratif Cantonal qui s’est déterminé de manière on ne peut plus claire par le biais d’un arrêt daté du 21 septembre passé.

Cet arrêt a provoqué une situation étrange et un peu surréaliste qui a vu les antagonistes à l’ultime projet présenté arborer le même sourire de victoire, dit arrêt annulant purement et simplement une décision prise en 2009 par la Municipalité de lever les oppositions des recourants, délivrant ipso facto un permis de construire.

Ainsi donc, le projet tel que présenté par notre promoteur ne peut pas se concrétiser, dont acte.

Mais… En effet, il  y a plusieurs «mais», mais de taille et dont il faut bien tenir compte !

L’analyse des attendus du Tribunal révèle tout de même quelques faiblesses dans les arguments des opposants en ce sens que le nombre d’étages ainsi que la volumétrie du bâtiment projeté sont acceptés et l’esthétique proposée ne fait l’objet d’aucune remarque négative particulière.

Ces divers éléments vident donc de leur substance une partie des arguments du consortium des recourants, éclaircissant juridiquement la situation et rendant aléatoire l’usage de ces mêmes armes en cas de poursuite de la procédure, voire de nouvelle opposition à un autre ou d’autres projets de même envergure.

Le seul élément retenu par le Tribunal est le fait que le toit soit tronqué en son sommet et qu’un bon tiers de sa surface se révèle ainsi plate, chose réglementairement inadmissible en vieille ville mais qui avait été proposée par le promoteur afin d’aller un peu dans le sens des opposants.

A ce sujet, il est intéressant de constater que le même Tribunal fait le commentaire suivant: «cet aménagement particulier de la toiture aurait probablement pu être évité si la construction avait un étage de moins, correspondant au gabarit des bâtiments voisins, comme l’inspection locale l’a montré».

C’est donc de nouveaux plans qui sont, semble-t-il, d’ores et déjà présentés à nos Autorités en vue d’une probable nouvelle mise à l’enquête, présentant un bâtiment comportant un toit à deux pans et, finalement, élevant de plus d’un mètre l’emprise sur la vue depuis l’Esplanade du Château.

La balle est repartie dans le camp de la Municipalité.

A quand donc la balle de match?

Photo Serafina Tumminello