Le ballon tôt le matin, avec son dispositif de comptage quelques mètres en dessous et au sol, à la verticale, la tente de rangement diurne.

Ballaigues: biologistes au chevet des chauves-souris

Le ballon tôt le matin, avec son dispositif de comptage quelques mètres en dessous et au sol, à la verticale, la tente de rangement diurne.

Le ballon tôt le matin, avec son dispositif de comptage quelques mètres en dessous et au sol, à la verticale, la tente de rangement diurne.

Depuis une dizaine de jours, un ballon blanc captif de 15 m3 et de près de 4 mètres de long flotte la nuit à une cinquantaine de mètres au-dessus d’un pâturage situé à quelques centaines de mètres en arrière du chalet des Cernys, au-dessus de Ballaigues. Cet engin est destiné au comptage précis des chauves-souris, dans le cadre des études requises dans le dossier des éoliennes du Bel-Coster.

Parmi les très nombreuses études d’impact préalables nécessaires à l’obtention d’un permis de construire figure la mesure de l’activité nocturne des chauves-souris, ces mammifères dont les traces connues les plus anciennes datent de 55 millions d’années. Une petite équipe issue du bureau KohleNusbaumer SA de Lausanne, formée de la biologiste et spécialiste des chiroptères Nathalie Grandjean et de son adjointe Virginie Cochard, conseillère diplômée en communication en matière d’environnement, a mis au point concrètement la mesure des fameux mammifères.

Trouver des solutions pratiques

«Nous avons dû trouver des solutions pratiques et mobiles», expliquent les jeunes femmes, qui rallient les Cernys deux fois par jour durant la saison. «Le soir pour hisser le ballon et le matin pour le redescendre et le mettre à l’abri dans la tente que nous avons dressée pour l’y ranger et faire le relevé des mesures effectuées. De fait, ces mesures ont lieu de nuit au travers d’un capteur à ultrasons fixé, avec son accumulateur d‘électricité, un peu en dessous du ballon, accroché à la cordelette qui tient le tout captif à partir du sol.

Nous ne pouvons pas hisser le ballon par tous les temps, car il pourrait s’endommager. De plus, à partir d’un vent de l’ordre de 20 km/h, les chauves-souris ne volent plus.» De fait et pour l’essentiel, la race concernée est celle des pipistrelles communes, qui est la plus répandue en Suisse. Ces mesures doivent permettre de déterminer de façon précise si et quand le vol des chauves-souris obligera les exploitants à stopper les éoliennes durant quelques heures, pour éviter de les perturber.

Des chantiers particuliers

Vaste chantier pour les deux jeunes femmes, qui maintiennent ainsi et simultanément plusieurs emplacements dans le canton sur lesquels elles exercent la surveillance. Parfois de façon étonnante, puisque le soir de leur rencontre avec l’Omnibus, elles s’apprêtaient à passer la nuit à la belle étoile ou presque, sur un autre site, pour lequel le seul point d’accrochage possible pour leur ballon était leur propre voiture. À noter qu’il faut une bonbonne et demie standard d’hélium comprimé (75 litres) pour que le ballon s’élève et soit capable de porter la charge du capteur.

Avec la désagréable contingence que son enveloppe perd et qu’il faut donc régulièrement le «regonfler». Pas simple et plutôt sportif comme exercice, en plus au milieu d’un pâturage atteignable uniquement à pied.

Photo Olivier Gfeller