OC: 3,9 km. La plus petite ligne de Suisse mais, de loin, pas la moins efficace!

Avec nos lève-tôt

OC: 3,9 km. La plus petite ligne de Suisse mais, de loin, pas la moins efficace!

OC: 3,9 km. La plus petite ligne de Suisse
mais, de loin, pas la moins efficace!

Un adage connu affirme que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt.

Force est d’admettre que notre bonne terre doit appartenir à bien du monde mais que tout un chacun n’en a pas forcément conscience.
Aux ordres d’un petit appareil souvent sans pitié !

Les nombreux lève-tôt que nous avons côtoyés, et dont nous allons vous révéler l’existence, subissent, de gré ou de force, l’esclavagisme sauvage imposé par ce cruel gadget de torture manuel, électrique, électronique, téléphonique, peu importe, mais qui a de tous temps imposé des levers parfois bien peu démocratiques: le réveille-matin.

Bref, cet outil à caractère plus dictatorial que convivial fait son boulot au plus près de la conscience que lui inspire son appareillage interne, quelques sentiments qu’il puisse inspirer et c’est bien là le dernier de ses soucis.

D’ailleurs, les affres que leurs victimes traversent quand, par malheur ou oubli, elles ont omis, soit de l’enclencher, soit de le régler ou même encore de le «remonter» et que ce pacifique ennemi, proche aussi bien de leur oreille que de leur intimité, «patine», sont bel et bien révélatrices de son importance, de son «indispensabilité».

Aujourd’hui, les cheminots

«2 wagons, 1 wagon, 4 mètres, 2 mètres, 1 mètre, appuyez, arrêtez!»
Ces ordres, donnés autrefois par signes et sifflet, aujourd’hui par radio, sont ceux utilisés par les cheminots qui s’occupent de gérer les wagons de marchandises, probablement depuis le tout début de l’ère ferroviaire.

Vestige d’une époque révolue? Que nenni. Gage de sécurité essentiellement, probablement la dernière référence inamovible pour un métier qui a connu, qui connaît et qui va encore connaître des mutations profondes.

Il est 4 h. 30 un matin de fin d’été, il fait encore noir. mais la météo est clémente, la température encore douce aux Granges, plus précisément sur le site de la gare d’Orbe-Industrie.

Un «mécano» et un «trotteur» se mettent en route pour aller chez Nespresso retirer les wagons de capsules qui ont été chargés durant la nuit et placer au même endroit les véhicules vides destinés à recevoir la production de la journée qui commence.

Un surprenant kaléidoscope d’odeurs

Ensuite, il s’agit d’aller à Chavornay chercher les wagons destinés aux divers clients urbigènes de ce chemin de fer (ex-OC. soit Orbe-Chavornay, ou, pour les doux moqueurs: Ottawa-Chicago) qui, depuis maintenant 118 ans, relie ces deux proches voisines.

Rappelant le génie agro-alimentaire de notre région, cette traversée de fin de nuit aiguise, de manière tout à fait surprenante, notre sens olfactif, puisque, tour à tour, nous reconnaîtrons des odeurs à caractère agricole, puis de boulangerie et enfin, après ce passage à travers de virtuels croissants au beurre, nous entrons avec volupté dans de corsées effluves de café bien mousseux.

Même, m’ont affirmé ces collègues de quelques instants, en fonction des essais en cours chez notre grande industrie du bas de la ville, règnent parfois des senteurs de fraises, de cerises, de melons et autres.

Un bien agréable concours «Jean-Louis» nasal pour ces acteurs un peu méconnus d’une participation sept jours sur sept à notre bien-être quotidien.

Photo Willy Deriaz