Les lieux de l’accident du 29 décembre 2010.

A9b : après un double accident mortel

Les lieux de l’accident du 29 décembre 2010.

Les lieux de l’accident du 29 décembre 2010.

Ils attendent quoi pour faire quelque chose ?

Une question que l’on se pose de Vallorbe à Orbe en passant par l’ensemble des villages bordant le tracé de la très controversée semi-autoroute A9b suite au dernier accident survenu juste avant la fin de l’année 2010.

Et pour une fois, le traditionnel et populaire «mais, qu’attendent-ils donc pour faire quelque chose» ne s’adresse ni aux autorités municipales, ni aux autorités cantonales, mais simplement aux fonctionnaires de l’OFROU, qui possède une antenne à Estavayer-le-Lac pourtant pas très éloignée du tronçon dangereux.

Car depuis quelques années, la gestion des autoroutes est de la compétence fédérale, le canton se limitant à jouer les intermédiaires porteurs d’avis ou de demandes diverses.

On n’a pas les crédits

Au vu du nombre de victimes sur ce tronçon depuis son ouverture (plus d’une vingtaine), on serait en droit d’attendre que les autorités en charge de la sécurité routière prennent le temps de réfléchir, mais qu’une fois ce temps pris et largement pris elles passent à l’action. Or si l’on en croit Raphaël Darbellay, le syndic de Ballaigues, tout n’est plus actuellement qu’une affaire de gros sous.

«Nous avons reçu des autorités fédérales compétentes un document stipulant que la création d’une berme centrale, sur le modèle de celle qui vient d’être posée entre Lausanne et Yverdon-les-Bains, avait été décidée» nous confirme Raphaël Darbellay. «Mais que les travaux de pose ne pourraient avoir lieu avant 2012, voire 2013, ceci pour des raisons financières, les crédits n’étant pas disponibles actuellement».

Responsabilité politique et civile

De son côté le député Daniel Mange est hors de lui. Il avait déposé une motion, il y a longtemps déjà, au Grand Conseil vaudois pour que le gouvernement cantonal interpelle les autorités fédérales sur ce sujet et surtout étudie la création de nouvelles pistes. La réponse reçue à l’époque objectait qu’il fallait d’abord étudier le trafic sur ce tronçon, dont on juge à Berne la fréquentation moyenne insuffisante pour nécessiter la création d’une véritable autoroute.

On ne sait trop si les derniers décès survenus vont accélérer le processus. Mais statistiquement, il y a fort à craindre que d’autres usagers ne soient victimes de ce tronçon avant que les crédits ne soient débloqués. A part les drames humains que ce genre d’accident apporte, quand donc les responsables imagineront-ils qu’ils sont clairement responsables d’un tronçon d’autoroute intrinsèquement dangereux, avec les conséquences civiles et pécuniaires que cela peut engendrer ?

Grand Conseil
Les députés de la région d’Orbe Pierre Guignard, Denis-Olivier Maillefer, Daniel Mange et Jacques Nicolet, ont déposé mardi 11 janvier une interpellation urgente intitulée «Combien de morts faudra-t-il encore?» Elle  sera développée mardi 18 janvier et demande au Conseil d’Etat d’intervenir au plus vite auprès de la Confédération pour la réalisation de la séparation des voies de circulation sur la semi-autoroute A9B.

Photo Olivier Gfeller