Les syndics de Vallorbe, Lignerolle et Ballaigues : Stéphane Costantini, Olivier Petermann et Raphaël Darbellay.

A 9 b: les balises tremblotantes de l’OFROU

Les syndics de Vallorbe, Lignerolle et Ballaigues :  Stéphane Costantini, Olivier Petermann et Raphaël Darbellay.

Les syndics de Vallorbe, Lignerolle et Ballaigues : Stéphane Costantini, Olivier Petermann et Raphaël Darbellay.

Fin juillet, l’OFROU, plus précisément son antenne romande d’Estavayer-le-Lac, avait convié une vingtaine de syndics, municipaux, gardes-frontière, gendarmes suisses et français à une séance d’information à Vallorbe au sujet de la séparation du trafic entre Essert-Pittet et Vallorbe sur la semi-autoroute A9 b de triste réputation.

Après avoir plutôt fait preuve de retenue sur cette question, voici que les techniciens fédéraux ont pris le mors aux dents et qu’ils annoncent des mesures provisoires à mettre en place dès le mois d’août. On ne peut pas dire que leur projet ait soulevé l’enthousiasme des communes riveraines. C’est bien le contraire qui s’est produit, puisque les communes les plus touchées par les difficultés de circulation, soit Lignerolle, Vallorbe et Ballaigues, se sont montrées clairement opposées à un projet concocté sans leur accord et leur participation et surtout qui apparaît comme un «emplâtre sur une jambe de bois», si l’on analyse la teneur des flèches acérées décochées à son endroit tant par Jacques Nicolet, municipal et député de Lignerolle, Stéphane Costantini, syndic de Vallorbe et Raphaël Darbellay syndic de Ballaigues.

Le projet

D’une façon très générale, l’OFROU constate que si l’on doit au final s’acheminer vers une version d’autoroute à quatre pistes, il faudra environ 15 à 20 ans avant que sa réalisation soit achevée. C’est donc à l’intérieur d’un UPlan (intervalle fédéral de cinq ans de planification d’entretien et d’amélioration de la sécurité d’un tronçon donné) que s’inscrivent les mesures envisagées. Elles sont au nombre de quatre: une réduction générale de la vitesse de 100 à 80 km/h sur toute la longueur du tronçon en question, la création d’une alternance de voies deux pistes-une piste en remplacement de la variété actuelle qui semble être un facteur de danger, et la pose sur un certain nombre de tronçons de balises réfléchissantes relevables pour délimiter les voies.

A ce train de mesures concrètes, l’OFROU prévoit d’ajouter le contrôle de vitesse permanent sur tout le tronçon, en déplaçant l’installation expérimentale de radar qui est actuellement en fin de phase de test dans le Chablais (mesure de vitesse sur un kilométrage donné par mesure des temps de parcours). Ces mesures sont destinées selon les experts fédéraux à améliorer sensiblement et durablement la sécurité sur le tronçon incriminé, en attendant sans doute un élargissement ultérieur qui demandera nombre de procédures et passablement d’études et de travaux.

La réaction des communes

Les communes représentées lors de cette séance ont tout d’abord reproché à l’OFROU de n’avoir pas tenu compte plus tôt des très nombreuses interventions qui ont eu lieu à ce sujet aussi bien au niveau cantonal vaudois qu’au niveau fédéral. Le projet est apparu à certaines communes comme une sorte d’exercice alibi qui ne résout rien. «Vous allez détourner le trafic par la route cantonale sans du tout résoudre les problèmes, notamment de tourner sur autoroute qui existent. En plus vous ne tenez pas compte de l’hiver qui dure 6 mois dans cette région et qui rend la chaussée dangereuse» a notamment déclaré Raphaël Darbellay.

Il est suivi par Jacques Nicolet qui a «déploré le peu de cas fait de motions déposées aussi bien au niveau fédéral qu’au niveau cantonal, et une précipitation curieuse dans la mise en application d’une solution non concertée». Pour Stéphane Costantini, qui soutient ses collègues dans ces critiques de base, «il faut résoudre simultanément le problème du bouchon du Creux et celui du danger sur le tronçon, car les files qui se forment chaque soir sont génératrices de danger».

La suite des opérations

L’OFROU ne s’attendait apparemment pas à une telle levée de boucliers. Devant l’insistance des communes concernées et la riche palette des critiques, il a admis de réunir dans une séance commune toutes les parties concernées pour tenter de trouver un moyen-terme qui satisfasse aux critiques formulées. Tout en précisant au passage que, depuis 2008, le problème est de compétence fédérale uniquement et que l’on pourrait se passer de l’avis des communes concernées, du moins en théorie.

Le service cantonal vaudois des routes, quant à lui, estime que chaque partie doit faire un effort pour comprendre les arguments de l’autre, et que l’on doit de toutes façons sécuriser ce tronçon qui fait tache dans le réseau autoroutier de la région. Il participera aux discussions qui auront lieu et dont on ne connaît actuellement pas la direction qu’elles prendront.

Photo Olivier Gfeller