Orbe : danse indienne
206 - 150110, Danse 31.01.2010
Dommage que la manifestation n’ait pas été mieux annoncée. Car dimanche après-midi 10 janvier, le Casino d’Orbe n’était autre qu’un petit morceau de Sri Lanka ou d’Inde du Sud.
A peine la porte passée, les odeurs de curry et d’épices se mêlaient à celles d’encens et de fleurs, le tout dans une atmosphère musicale étonnante à laquelle on a parfois de la difficulté à adhérer, tant son côté lancinant et répétitif, du moins pour l’occidental, la rend assez imperméable. Mais finalement d’occidental il y avait très peu dans la salle, remplie qu’elle était par des membres de la communauté Tamoul venus parfois de loin à la ronde.
Danse et spiritualité
Au programme de l’après-midi pour trois jeunes danseuses, le récital en public organisé par le International Institute of Tamil Arts, couronnement de sept longues années de travail. Sept années au cours desquelles elles ont appris les secrets de cette danse «Bharatanatyam» qui sans être proprement sacrée n’en est pas moins un appel à Shiva, le dieu destructeur-créateur marié à Shakti.
Pour un hindou la danse est en effet le plus beau moyen de plaire à son dieu. En plus des fleurs et offrandes, il honore la divinité en figurant devant elle la part la plus noble et la plus créative de son être. « Adorer Dieu en dansant accomplit toute inspiration et la voie de la délivrance s’ouvre à celui qui danse », dit un texte ancien hindou. Et d’ailleurs, le spectacle a effectivement débuté par l’allumage des feux ainsi que par l’offrande de nourritures terrestres à Shiva.
Un couronnement en forme d’adoubement
Les trois lauréates qui ont chacune obtenu à la fin de l’après-midi une distinction dans le grade de maître en danse indienne étaient soumises à l’examen d’un jury de trois femmes dont la réputation en matière de danse est incontestée et dont le jugement est sans appel. Entre autres coutumes étonnantes, les candidates, avant de présenter leur programme s’approchent tour à tour des juges, et leur offrent également des friandises de fleurs et des fruits.
Une limite floue entre la vie et le spectacle
Mais si la conscience de l’occidental rate sans doute une grande partie de la symbolique entourant la cérémonie et la danse elle-même, on ne peut que relever, entre autres, le calme dans lequel se déroule le concours, calme auquel il est expressément fait appel en début de programme.
Un calme qui ne veut toutefois pas dire indifférence, puisque le public manifeste après chaque «mouvement», les prestations étant , un peu à l’image d’un morceau de musique classique, divisées en mouvements différents, aux rythmes différents eux-aussi. Le tout accompagné par trois musiciens et un chanteur de mélopées indiennes.
Un après-midi déconcertant et multicolore au pays du cobra, du chignon de l’ascète et du troisième œil.
Ecole de danse indienne Thirukoneswara Nadanalayam
Professeur Madame Chandravathani Vijayasundaram
Berne, Genève, Fribourg, Bâle, Yverdon-les-Bains
www. koneshwara.blogspot.com
Photo Olivier Gfeller










