A lire! « Un rescapé de l’absolu » du Dr. Christian Danthe

Le docteur Christian Danthe a exercé la médecine durant près de quarante ans à Vallorbe. Seuls quelques privilégiés savaient qu’à côté de la pratique de son art, il ne pouvait s’empêcher de mettre en oeuvre régulièrement une maïeutique personnelle, qui lui a permis d’extraire une éthique vivante personnelle et d’apporter, avec brio et non sans un humour souvent féroce, ses propres réponses aux fameuses questions du Sphinx.

C’est ce parcours qu’il offre au lecteur dans un monumental ouvrage de plus de 450 pages au travers d’une quarantaine de chapitres de dimension et d’intensité variables. L’auteur conduit son lecteur du concept de silence éternel qui l’habitait, en raison de son appartenance enfantine et obéissante à ce qu’il nomme une religion minoritaire, aux bornes de l’astrophysique et des représentations de l’univers que certains de ses meilleurs spécialistes décrivent.

Sentier de sagesse ou quête vitale de sens?

Le propos est très riche, documenté et témoigne d’une érudition manifeste intégralement digérée. Sublime collision de la vie quotidienne et de la construction de l’œuvre, on y rencontre avec l’auteur l’existence incarnée de ses patients – de façon cryptée pour respecter le secret médical – et ses déambulations forestières dans sa petite voiture rouge, pour aller au chevet de ceux qu’il soignait, mais aussi pour tenter de comprendre le monde et ses mystères. Le tout dans un environnement jurassien qui mêle les chemins de crête du Mont Tendre aux blocs erratiques des bois de Moiry, l’aventure d’un passage éclairé de la foi à la raison. Ce chemin va demeurer pour l’auteur une partie de son art de vivre et de penser.

Ne précise-t-il pas à la page 434 que « le sentier des crêtes est une recherche d’équilibre entre le collectif et le personnel sans jamais sombrer ni dans l’un ni dans l’autre, mais sans non plus se mentir à soi-même ».

L’importance de l’art dans sa vie, en particulier de la poterie qu’il pratiquait encore
récemment, est omniprésente. Tout comme une analyse très personnelle et perspicace d’une société dans laquelle la foi en l’homme et en ses capacités d’exister tient une place prépondérante.

Un pavé lumineux à lire lentement et lorsque l’esprit peut se libérer un peu des contingences par trop quotidiennes.

Un rescapé de l’Absolu
Dr Christian Danthe – Collection PIGMA Editions Mon Village – Sainte-Croix
464 pages – Fr. 35.–.
En vente en librairie ou en ligne sur le site www.editionsmonvillage.ch
ISBN 9782881943461

Image fournie

Orbe: ancien garage du Signal, huit ans d’attente

La Municipalité d’Orbe a levé les oppositions et accordé le permis de construire pour les deux immeubles qui prendront place à l’endroit où se trouvait l’ancien garage du Signal, qui avait brûlé en 2009, en face du collège de Montchoisi. Il est trop tôt de savoir quand le premier coup de pioche sera donné, car la décision de l’Exécutif permet un droit de recours sur un délai de 30 jours.

Dans le bâtiment principal, un parking couvert de 48 places prendra place au sous-sol. Le rez-de-chaussée sera occupé par une station essence avec un shop et un magasin. Au niveau de l’habitation, 27 logements sont prévus dont plusieurs de petite taille pour répondre à une demande croissante. 5 studios et des appartements de 2,5 pièces (13), de 3,5 pièces (7) ainsi que 2 logements de 4,5 pièces seront aménagés dans les trois étages du haut. L’accès à cet endroit se fera depuis la route de Valeyres, en passant devant la deuxième construction, pour éviter des embouteillages pour les usagers de la station-essence. Dans ce deuxième immeuble, qui sera construit sur le local d’exposition-vente toujours en place, des bureaux occuperont le premier étage alors que quatre appartements (2 x 2,5 et 2 x 3,5 pièces) se trouveront sur les deux étages supérieurs. Au rez-de-chaussée, un parking ouvert et couvert sera mis à la disposition des locataires.

Aménagement de la circulation

Le promoteur de Sous-le-Signal, Claude Schulz, attend depuis 2010 les autorisations nécessaires pour entamer ces constructions. Il faut préciser que de nombreux sondages ont retardé le projet afin de s’assurer que le terrain n’avait pas été souillé par des écoulements liés à l’activité du garage. En outre, ces constructions nécessiteront un nouvel aménagement du carrefour actuel puisque les habitants de la route du Signal et du chemin du Brêt accéderont à leur domicile à côté du signal «stop» qui permet l’accès à la route cantonale.

Ces dispositions de circulation ont été prises pour mieux protéger les élèves qui vont ou sortent de l’école sur un passage à piétons réaménagé lui aussi. Ces nouveaux immeubles amélioreront singulièrement un quartier sur le plan esthétique. Depuis plusieurs années, un «parking sauvage» accueillait des voitures usagées qui prenaient sporadiquement le chemin de l’étranger pour être revendues dans des pays friands de ce type de véhicules.

Le géologue du Canton, Renaud Marcelpoix, présente le projet.

Bretonnières: la Gravière du Sapelet va s’étendre

Non, la Gravière du Sapelet n’accueillera pas le fumeux parc aquacole projeté au début de la décennie par quelques illuminés. En revanche, le groupe Holcim Lafarge qui en assure l’exploitation depuis des décennies devrait pouvoir continuer à le faire, en compagnie de plusieurs entreprises de travaux publics dont Cand Landi. L’exploitation

d’environ 250’000 m3 supplémentaires de granulats naturels de la gravière du Sapelet – sous l’appellation Sapelet 6 –, ceci en extension du périmètre actuel, ainsi qu’à travers le comblement d’environ 4.6 Mio de m3 sur l’ensemble du site, avec des matériaux non pollués acheminés par le rail, est à l’enquête publique jusqu’au 17 avril.

Une séance publique d’information a eu lieu lundi à la grande salle du village, réunissant une cinquantaine d’habitants et de membres du Conseil général, les exploitants, le Canton – géologues et spécialistes du domaine issus de la Direction de l’environnement (DGE) – et la Commune.

Extraction et enfouissement

Cette gravière produit une part non négligeable des deux millions de m3 de matériaux pierreux concassés nécessaires à la construction en Pays de Vaud chaque année. Et qui dit extraire dit faire de la place, une place nécessaire à l’enfouissement de déchets de démolition de bâtiments, de routes ou de travaux publics. Ces déchets dits propres deviendront avec le temps, du moins pour une portion d’entre eux, de nouveaux matériaux concassables et exploitables comme tels par des générations futures. Ils seront enfouis sur le site en suivant un programme de 5 ans. Ce programme nécessitera le défrichement d’une part supplémentaire de forêt. Tout ce processus a été expliqué à l’assistance lundi. Avec les éléments de son suivi, tant techniques qu’écologiques notamment ceux de la remise en état complète après la nouvelle période d’exploitation.

Transport par le rail

S’agissant du transport des déchets de construction, un point de déchargement sur le rail sera construit à l’aval de la gravière actuelle. Ce point comprendra une fosse de déchargement qui permettra à des wagons-bennes spéciaux de stopper et de décharger directement leur contenu dans une fosse de réception qui sera, elle, relevée par des engins mécaniques. Sur le plan de la procédure, les opposants éventuels peuvent actuellement déposer leurs déterminations et observations. Ces dernières ne seront pas traitées par la commune, mais directement par les services du canton. Il s’agit en effet d’une procédure spéciale qui s’applique aux carrières et à leur exploitation. Après les oppositions qui pourront être levées le cas échéant. Il restera encore la voie judiciaire pour trancher si les parties ne sont toujours pas d’accord à l’issue du processus administratif et une décision du canton. Un processus qui risque de prendre encore passablement de temps.

Et si les habitants de la région redécouvraient les mosaïques d’Orbe, comme ce labyrinthe ?.

Orbe: ouvrir ou non les Mosaïques d’Orbe ?

Telle est la question que s’est posée la Fondation Pro Urba, lors de sa dernière assemblée générale. En 2017, ces magnifiques chefs-d’œuvre ont été vus lors des fins de semaine. En 47 jours d’ouverture, 1 850 visiteurs ont admiré les richesses de la villa romaine de Boscéaz, avec Lucius, le maître des lieux, qui fait découvrir virtuellement sa demeure.

La Fondation n’est pas dans les chiffres rouges mais les récoltes de dons sont difficiles. Les personnes qui s’occupent du gardiennage doivent être rémunérées correctement, le bâtiment d’accueil des mosaïques et la maison du Musée exigent de l’entretien. Tout ceci génère des frais, que la Fondation peine à couvrir. Un projet est actuellement en cours pour trouver des solutions de financement et attirer plus de touristes. Il est mené par un organe externe, en collaboration avec la Commune et Pro Urba.

Cette année, la Fondation va devoir puiser dans ses réserves, pour ouvrir les Mosaïques pendant 110 jours, soit de l’Ascension à fin septembre. Ceci de mercredi à dimanche et les jours fériés en ajoutant les mardis de juillet et août. Les prix d’entrée accusent une légère hausse et seront à Fr. 8.- (prix réduit Fr. 6.-) mais incluent désormais la visite de la Tour Ronde. Des billets familles et combinés avec consommation en ville seront également proposés, ceci afin de resserrer les liens entre la villa romaine et la ville médiévale.
Financement
La Fondation Pro Urba survit grâce au soutien financier de divers donateurs, dont la commune. Cependant elle ne saurait vivre sans l’Association des Amis de Pro Urba. Celle-ci la soutient largement grâce aux cotisations des membres, aux torréfactions de café, aux locations du caveau du musée et aux manifestations auxquelles elle participe. Cette année, elle a pu verser la somme de Fr. 5 000.-, ce qui permet de couvrir des frais.
Chacun peut rejoindre l’Association afin de soutenir la Fondation qui a pour but de mettre en valeur tant la villa romaine de Boscéaz que les richesses de la ville.

Site Internet : www.pro-urba.ch

Couteaux rustiques

Vallorbe: fines lames au rendez-vous

Pour l’édition 2018 du traditionnel rendez-vous des Couteliers au Musée du fer – 13e sous l’appellation de Festival – ce ne sont pas moins de 29 couteliers venus de Suisse, de France et d’Allemagne qui ont présenté leurs pièces à un public de plus en plus féru et coutumier de cette visite annuelle dans la Cité du fer. Les chiffres définitifs de la fréquentation ne sont pas encore connus à l’heure de la rédaction de ces lignes. Le conservateur Simon Leresche, rencontré sur place lundi matin, se réjouissait déjà du succès de cette édition. La météo n’a eu que peu d’influence sur l’affluence au festival expliquait-il, notant au passage que plus de 700 visiteurs par jour ont été attirés samedi et dimanche. Avec une fréquentation attendue identique le lundi, la manifestation devrait dépasser à nouveau sans difficulté le cap des 2000 visiteurs, ce qu’elle a déjà réalisé l’an passé.

A noter la présence cette année d’une délégation du très récent «Syndicat des couteliers corses» venue afin de présenter son nouveau label de qualité et le travail d’exception des couteliers fraîchement labellisés: Yves Andreani, Jean-François Agostini, Jean-Jacques Bernet, Benjamin Celle, Jean-Dominique Susini, Pierre-Yves Thomas.

Vétéran en vedette

A leurs côtés le vétéran genevois Charles Roulin, de Lully, a célébré son 80e anniversaire durant le Festival. Lui qui réalise depuis de nombreuses années de véritables chefs-d’œuvre miniatures, dont les manches sont constitués de hauts reliefs représentant des scènes animalières ou champêtres. Parmi les artistes-artisans présents, on notera notamment les noms de Stéphane Anken, Morges, André Baudet, Lausanne, Anthony Brochier, La Roche de Glun (F), Robert Carciofo Arzier, Jean-Marie Corona, Montricher, Jean-Claude Geinoz, Poliez-le-Grand, Marc Grélat, Asuel, Urs Helbling, Portalban, Claude Holweger, Boudevilliers, Franck Johner, Montricher, Jan Krauter, Lalenforg (ALL), Emmanuel Lendenmann, Fribourg, Pascal Maillefer, Les Clées, Benjamin Mittay, Châtelneuf (F), Olivier Moretti, Levie (Corse), Lucie et Yves Moulin, Vollèges, Sylvain Parent, Passy (F), André Perret, Winterthur, Amélie, Emma et David Pietrzykowski, Les Clées, Christophe Raffaelli, Carpentras (F), Jean-Louis Remy, Les Verrières, Yuri Rindlisbacher, Valleiry (F), Hans Peter Ruegg, Losone, Joseph Sauthier, Bex, Franck Souville, Montgesoye (F), David Tellier (F).

Le sellier Julien Vuagniaux de Romainmôtier a aussi présenté ses créations de cuir, pendant que les visiteurs pouvaient s’exercer au lancer de haches, tout apprendre sur l’art de la forge ou même fabriquer des couteaux de façon artisanale. Plus de détails sur museedufer.ch

L’ovni vieillit bien dans la prairie de Saint-Loup.

Pompaples: Saint-Loup, du provisoire pour durer longtemps

A Saint-Loup, on se souvient d’une jolie histoire d’architecture... Il y a dix ans tout juste, la Communauté des diaconesses de Saint-Loup avait entrepris une profonde rénovation-transformation de la maison-mère qui devenait vétuste. Dans ce bâtiment, on trouve aussi la chapelle, pièce maîtresse de la méditation spirituelle en ces lieux. Pendant les travaux qui ont duré plus de 24 mois, entre l’automne 2007 jusqu’au printemps 2010, le bureau d’architectes mandaté devait aussi résoudre le problème de fournir une chapelle provisoire. On avait bien sûr pensé à des «Portakabin» ou une tente. Mais ce n’était pas trop dans l’esprit des lieux et le projet a été affiné par des recherches plus intensives sur les espaces sacrés.

En collaboration avec un laboratoire de l’EPFL qui effectuait justement des études sur la technique de «construction plissée» en bois inspirée par les principes de l’origami, l’art japonais du papier plié, la chapelle provisoire est alors devenue un véritable challenge architectural. Grâce à l’ordinateur, la conception et la réalisation de ce curieux «ovni», tout d’un coup posé sur la prairie de Saint-Loup, a été très rapide. Les soeurs, qui ne s’attendaient pas du tout à une réalisation aussi belle, ont finalement été fières de leur audace et séduites par la sérénité boisée et la luminosité de ce lieu de culte inédit.

Une référence mondiale

Cette chapelle a aussi «ébranlé» le monde architectural. C’était une grande première tellement originale que des spécialistes sont venus de partout pour la voir, suite à des publications d’articles dans des revues du monde entier. Et en dix ans d’utilisation, elle est toujours là ! «Elle a certes un peu grisonné avec le temps, mais elle est dans un merveilleux état. Nous l’entretenons régulièrement et les soeurs apprécient leur «chapelle d’été», ainsi qu’elles l’ont surnommée», explique Soeur Lucienne Wehrle, la responsable des lieux.

«C’est devenu un objet de visite supplémentaire pour notre communauté protestante qui a été fondée par le pasteur Louis Germond en 1842 à Echallens, puis transférée sur le site actuel dès 1852. Au départ, les diaconesses étaient toutes vouées aux soins et à l’intendance de l’hôpital qui n’a cessé de grandir. C’est une cellule de vie qui a généré une véritable vocation dans ce lieu qui est ouvert à toutes et à tous. On peut y prier et s’y ressourcer. A Saint-Loup, vous êtes chez vous!», conclut Soeur Lucienne.

Les jeunes sapeurs pompiers entourés de leurs moniteurs.

Croy – SDISPO : Ils ont tous l’âme du feu bleu

Vendredi dernier, le Commandant Pascal Turin a piloté d’un bout à l’autre le quatrième rapport d’activités du SDISPO (Service Défense Incendie et Secours de la Plaine de l’Orbe) à la grande salle de Croy. En présence d’un parterre nombreux (Etat-major, SDIS voisins, sapeurs pompiers, entre autres), il a rappelé non seulement l’organigramme de l’association intercommunale, qui regroupe dix-huit communes, mais aussi la composition opérationnelle (détachements de Premiers Secours, DPS, et d’Appui, DAP).

Les séances ordinaires de l’Etat-major ont pour but de régler la bonne marche du service en présence du président du Codir (Comité directeur), Pascal Desponds, ou de sa remplaçante, Mary-Claude Chevalier. Les tâches qui lui incombent sont tant dans l’organisation de rencontres mensuelles de chaque dicastère, de journées de sensibilisation au métier de pompier volontaire que dans la participation à des séances intercommunales ou organisées par l’ECA ainsi que la Fédération vaudoise des sapeurs pompiers et encore aux rapports annuels des SDIS voisins.

Compter sur les compétences de chacun

Le nombre d’heures d’intervention sur le terrain s’élève pour 2017 à 1 892 contre 1 499 en 2016. Sur 130 sorties, les détachements du SDIS de la Plaine de l’Orbe ont pu intervenir sans renfort en fonction du type de sinistres. Certaines opérations plus complexes ou conséquentes nécessitent l’appui d’autres partenaires comme les SDIS voisins, le service protection et sauvetage de Lausanne, l’ECA, la gendarmerie vaudoise ou la police nord vaudois. Et pour parfaire ces collaborations, le sergent-chef, Joël Widmann, a mis sur pied le concept «CHABACO Connect» qui consiste à préserver les connaissances et les savoirs-faire au sein des DAP.

Il propose à tous les volontaires une rencontre chaque premier jeudi du mois afin d’améliorer la connectivité entre le pompier et le matériel, ainsi que des échanges entre le vécu de chacun. Le don de soi est la première qualité de ces bénévoles qui, en parallèle de leur vie de famille et de leur profession, agissent pour la sécurité de la population, mais œuvrent aussi au sein de l’association, comme Laurent Grieder chargé de la communication en gérant le site internet et qui, pour l’occasion, a réalisé un diaporama dynamique.