Humour

Il se fait rare. Entendez-vous encore des gens vous raconter des gags comme c’était le cas, il y a quelques années encore ? Certes, par le truchement d’internet, il y a encore un peu de fantaisie.

Malheureusement, les « witz » sont souvent d’un goût douteux. Cela voudrait-il dire aussi que les humoristes n’ont plus beaucoup d’imagination? On pourrait le croire.

Les responsables des journaux de carnaval sont aussi dans l’embarras. On y trouve de moins en moins d’épisodes cocasses qui avaient pour théâtre les manifestations publiques ou les bistrots, qui étaient des lieux où il se passait des choses saugrenues et rigolotes.

Le fait de ne plus pouvoir consommer à sa guise y est-il pour quelque chose? Peut-être dans la mesure où l’on a besoin de son «bleu» et les «pedzes» se méfient des pandores qui font le guet à tout bout de route.

La vie devient donc plus triste, plus sérieuse. Nos soucis et nos préoccupations prennent le dessus sur la gaieté et c’est bien dommage.

Car une bonne pinte de rires fait du bien. Ainsi va la vie mais ne doit-on pas regretter le temps où l’on savait encore s’amuser de peu de choses.

Des dégustations scrupuleuses, mais aussi la convivialité étaient de rigueur.

Journées caves ouvertes

Des dégustations scrupuleuses, mais aussi la convivialité étaient de rigueur.

Des dégustations scrupuleuses, mais aussi la convivialité étaient de rigueur.

Afin de promouvoir leur production, les professionnels de la vigne ont offert deux jours de découvertes aux nombreux curieux qui se sont pressés pour visiter leurs caves les 21 et 22 mai dernier

Patronnées par l’office des vins vaudois, ces journées ont eu pour but de faire connaître dans la région, mais aussi hors des frontières cantonales les qualités et authenticités dont sont capables les vignerons-encaveurs vaudois.

En attirant le public jusqu’à l’intérieur des caves ces viticulteurs ont fait découvrir non seulement les excellents crus que l’on peut déguster dans la région, mais aussi tout le travail de vinification et de mise en bouteille qui accompagne leur quotidien.

C’est ainsi que chasselas, chardonnay, gamay, gamaret, garanoir, pinot noir et autres cépages tout aussi nobles ont pu révéler leurs arômes dans les gosiers des amateurs de vin.  Plus qu’une simple dégustation, cette manifestation a pu faire la part belle aux produits du terroir et faire découvrir les vignes de la région par des balades, à pied ou encore, pour la joie des enfants et des parents, en calèche au travers des chemins escarpés.

Comme promise lors des vendanges de l’année dernière, la qualité annoncée était au rendez-vous et le millésime 2009 est vraiment exceptionnel ce qui pour ces vignerons vaudois est un bon moyen pour se démarquer.

Photo Pierre Pellaton

Les comités belge et suisse de l’Amicale réunis pour l’Omnibus, avec tout à gauche en blanc Thierry Lacroix, puis Eric Clot.

20e anniversaire de l’Amicale Modave-Baulmes

Les comités belge et suisse de l’Amicale réunis pour l’Omnibus,  avec tout à gauche en blanc Thierry Lacroix, puis Eric Clot.

Les comités belge et suisse de l’Amicale réunis pour l’Omnibus, avec tout à gauche en blanc Thierry Lacroix, puis Eric Clot.

Si l’on en croit les explications de l’un des participants belges samedi soir passé à Baulmes lors de l’apéritif précédant le banquet d’honneur de l’Amicale Modave-Baulmes, la petite cité de moins de mille habitants proche de Liège serait en quelque sorte «le robinet des Bruxellois» en raison des très abondantes réserves d’eau potable situées en son sol et qui couvrent plus de 20% des besoins en eau de la capitale belge et européenne.

On le croit sur parole, tout en relevant que ce n’était visiblement pas que de l’eau que la centaine de participants présents dégustaient. Mais aux grandes occasions, les libations ne sont-elles pas naturelles…

Une histoire de football au départ

Car l’Amicale Modave-Baulmes fêtait la semaine passée rien moins que le vingtième anniversaire de son existence. Une histoire qui commence en 1991 autour d’un match de football international que voulaient disputer des vétérans du FC Baulmes contre des adversaires français, mais qui ne s’est toujours pas disputé... en 2010.

Le Baulméran Thierry Lacroix, originaire de Modave (qui n’a rien à voir avec la Moldavie, contrairement à ce que mentionnent certains agendas de manifestations locales) a pensé alors qu’avec les Belges, la chose serait possible. C’est ainsi que des habitants de Modave viendront à Baulmes pour des joutes sportives et culturelles, et que des Baulmérans feront le trajet inverse, pour un match retour. Ainsi naît l’Amicale Modave-Baulmes qui n’a, depuis lors, cessé de perpétuer cette tradition annuelle d’échanges amicaux.

Pas un jumelage, une amitié cultivée

L’Amicale n’est pas un jumelage mais une réunion d’amis. Il n’existe pas de recrutement, et les arrivées se font au gré des circonstances. Partie sur une base footballistique, l’Amicale s’est peu à peu transformée en réunion culturelle et amicale, qui réserve chaque année la période de l’Ascension pour une visite organisée, une année en Belgique pour les Baulmérans, l’autre année en Suisse pour les Modaviens. Et c’est en cultivant cette amitié au-delà des frontières que l’Amicale a atteint l’âge respectable de vingt ans.

Festivités du 20e anniversaire

Arrivés en Suisse mercredi soir, les Modaviens ont plus particulièrement visité cette année la Vallée de Joux, Juraparc et Lucerne, le tout entrecoupé de mémorables repas au chalet du Suchet, à Juraparc, à la Croix fédérale de Champvent, pour finir par goûter au banquet préparé à leur intention par le jeune traiteur baulméran Grégory Perusset.

«Nous sommes bien sûr constitués en comités belge et suisse», expliquait le président suisse Eric Clot,  «mais c’est juste pour maintenir vivante l’Amicale et pour organiser les réjouissances et les déplacements.

D’ailleurs, chaque année des Belges viennent en automne nous préparer une soirée «moules» et de notre côté, nous remplissons une camionnette de tout le nécessaire et nous allons en Belgique pour faire une vraie raclette.Et ça dure depuis 20 ans. Et ça continuera».

Une tradition bien sympathique qui visiblement réjouissait l’ensemble des participants et singulièrement Thierry Lacroix, sans qui finalement cette aventure n’aurait jamais pu débuter.

Photo Olivier Gfeller

La cueillette.

Journée des plantes sauvages comestibles

La cueillette.

La cueillette.

Organisée par la famille Lhomme, les patrons de l’Ecusson Vaudois, cette édition a accueilli en guest star Germaine Cousin. Valaisanne de Saint-Martin, cette grand-maman a appris les vertus des plantes dès l’enfance car il n’y avait pas de médecins dans sa région à l’époque.

Les anciens ne descendaient pas à Sion pour soigner une maladie bénigne, mais faisaient confiance aux guérisseurs locaux. Très médiatisée, Germaine  organise des stages dans son mayen.

Ses compétences sont multiples: cuisine aux plantes de montagne, tisanes bienfaisantes, compresses et cataplasmes, recettes pour soigner les bobos de la vie quotidienne, etc.

A 85 ans, elle parcourt toutes les foires, les comptoirs, les marchés populaires pour vendre ses livres, dont les bénéfices iront à sa fondation qui prévoit de construire un centre thermal avec cures de santé, un jardin botanique et une culture de plantes en voie de disparition afin de les réintroduire.

Cette année elle a planté 35ooo plantons de plantes médicinales.  Mais c’est par son énergie, sa faconde et son optimisme qu’elle fait le plus grand bien. Une journée avec elle  vous remontera le moral.

Le matin elle nous a emmenés dans les alpages de la région pour cueillir notre repas. Consoude, plantain, épinards, épiaire, primevères, aspérule odorante se rencontrent presque partout. Puis après le pique-nique de midi, elle a distribué les rôles et chacun a fabriqué une recette dans les cuisines du restaurant local sous les ordres du grand chef Michael Lhomme.

Au menu: soupe à l’épiaire au goût de cèpes. Papet au plantain. Galettes aux orties et épinards sauvages, beignets de consoude au goût de poisson, confit d’orties et crème à la primevère officinale en dessert.

Infatigable, Germaine a dédicacé ses ouvrages, répondu aux questions des participants, proposé une conférence et terminé la journée par des histoires valaisannes. Puis fait 200 km de voiture pour rentrer chez elle. Quelle santé !!!

Photo Jean-Louis Loeffel

Nonante années au service des jeunes et des familles

Il y avait du monde à la salle à manger.

Il y avait du monde à la salle à manger.

La fondation du «Nid» se situe quelques mois après la fin de la première guerre mondiale, en 1919.

Création du Foyer  de Romainmôtier

Lors de son discours, le président du Conseil de la Fondation, Alain Genaine donnait un bref historique sur l’Association Vaudoises des Petites Familles, créée officiellement en 1919.

C’était en 1911, à Tramelan dans le Jura bernois, que, sur l’initiative du pasteur Ramseier, l’œuvre des Petites Familles prenait naissance. Son but était de venir en aide aux enfants moralement abandonnés ou orphelins. Celle-ci se développe rapidement. Il cherche alors avec l’aide de J.-H. Wuilleumier, professeur à Vevey et du pasteur Raccaud d’Aubonne d’en jeter les bases dans le Canton de Vaud. Ceux-ci formèrent avec Madame Emilie Bonard de Lausanne le premier germe du Comité vaudois.

Ayant entendu parler de l’œuvre en formation, Madame Gloor-Buxcel mettait à sa disposition   les immeubles (maison, jardin, champs et bois) qu’elle possédait à Romainmôtier, situé au no 10 de la route de Vaulion. Le Conseil d’Etat consulté, déclara, après enquête, que lorsqu’elle aurait été réparée, elle s’adapterait parfaitement au but poursuivi.

L’acte de donation fut signé le 3 septembre 1919 en l’étude du notaire Christen à Romainmôtier. En 1923, il est fait l’acquisition d’une vache. Alain Genaine relevait comme anecdote qu’en 1949 le rapport des comptes annonçait 45 têtes de bétails, mais de préciser : «Il s’agissait de quatre chèvres et deux moutons, les canards et les poules formant le reste du comptage !»

En 1967,  l’ancien Nid n’était plus conforme

De nouvelles exigences cantonales déclaraient cette maison inapte à recevoir «Le Nid». Elle était devenue trop petite. La Municipalité de Romainmôtier et son syndic, Firmin Magnenat, octroieront gratuitement un droit de superficie dans le même secteur et au printemps suivant, les architectes Mayor et Messmer firent les plans de la maison actuelle, située en contrebas de la route cantonale.

Un prêt accordé par l’Etat de Vaud, sans intérêts et la vente du premier «Nid» permirent de financer la construction du nouveau foyer.

Après les discours, place à la fête

Les responsables du Foyer, les directeurs de la Fondation, les parents des enfants, d’anciens éducateurs, les représentants des autorités du Vallon du Nozon, des enseignants, les amis et voisins se sont retrouvés dans la grande maison, toute refaite avec des couleurs, c’était plein de lumière et de chaleur.

Martha Schmid, responsable du Foyer, gérait la situation, les discours, le repas et les prestations des enfants. Le service était assuré par les enfants du Nid, avec style et le sourire. Ils se sont bien amusés. L’après-midi fut entrecoupé de plusieurs prestations musicales et poétiques présentées par les jeunes de la maison.

Il y avait aussi des jeux, et surtout les visites guidées avec deux enfants du «Nid» qui ont connu un vif succès. Voir les ados avec un réel plaisir, de montrer leur lieu de vie était passionnant et bien agréable au visiteur.

Les moments d’émotion

Les éducateurs et d’anciens pensionnaires se sont retrouvés, au Nid, comme on dit encore chez nous, avec une grande joie, du bonheur et quelques larmes.

Certain(e)s sont mariés, ils ont fondé une famille; ils étaient tous rayonnants de se retrouver là, en famille, entre copains et copines. Ils avaient dans les yeux de beaux souvenirs à partager.

Photo Marlène Rézenne

Gourmandix

Urbanum sur la Place du Marché

Gourmandix

Gourmandix

C’est en irréductible convaincu de la nécessité de faire vivre le Marché des  Senteurs et Saveurs que le Patron du Café de la Croix d’Or s’est transformé en un prolixe et efficace Abraracourcix qui nous a concocté, le temps d’un dimanche, une espèce de Village Gaulois sur la Place du Marché à Orbe.

Daniel Grivetix, le nommerons-nous pour l’occasion, a réussi à convaincre de hardis commerçants et membres de Sociétés ou Groupements, voire aussi un barde,  de l’accompagner dans cette urbigène aventure.

De féminins encouragements lui ont été ardemment prodigués par ces Dames Kurth et Risse, soutiens qu’il avoue sans qu’on le torture avoir été primordiaux dans son travail de mise sur pied de ce Marché brillamment improvisé.

Et bien leur en a pris vu que, même si leur compère Cétaubofix n’a pas été de la partie tout le jour, le village a été joyeusement  envahi par de pacifiques hordes de curieuses et curieux qui ont dévalisé étals, stands et estaminets pour la plus grande joie des marchands de céans.

La chance a souri aux audacieux

Eh oui, l’adage s’est confirmé ce dimanche et c’est tant mieux. En effet, ce Marché a connu ses heures de gloire et c’eût été dommage pour Orbe qu’il disparaisse définitivement même si son attractivité avait quelque peu décliné ces dernières années.

Merci donc à ces audacieux dont on aime croire qu’ils sont atteints d’un virus espéré contagieux.

Quid de l’avenir ?

Le Marché des Senteurs et Saveurs d’Orbe, aujourd’hui élevé au niveau de la tradition dans notre bonne cité  a donc connu cette année une légère parenthèse.

Parenthèse, on peut bien heureusement le dire, vu qu’une confidence tout à fait officielle due au dynamique Président de la SICUP, Jonathan Gombert, nous apprend que cette Association va, dès l’année prochaine, s’atteler à son organisation, faisant ainsi perdurer une manifestation originale, souriante qui convient si bien à nos ancestrales et accueillantes rues et ruelles.

Photo Willy Deriaz

«Venir au secours de la culture à Ballaigues».

Un député au… Conseil communal de Ballaigues

«Venir au secours de la culture à Ballaigues».

«Venir au secours de la culture à Ballaigues».

Programme spécial

Programme un peu allégé pour le Conseil communal de Ballaigues lundi soir passé. Et ceci à l’initiative du bureau du Conseil et singulièrement de son président Nathanaël Bourgeois, qui avait organisé la présence du député au Grand Conseil Denis-Olivier Maillefer, enfant de Ballaigues, venu pour exposer les grands axes des travaux actuels du législatif cantonal et aussi pour en débattre avec les membres du Conseil et leur rappeler que des contacts  doivent exister entre les élus locaux et les élus cantonaux s’agissant de faire « remonter » vers Lausanne certaines préoccupations locales.

A quoi sert un député

Question directe posée par Denis-Olivier Maillefer, et faisant allusion à une interpénétration toujours croissante des compétences dans un état fédéraliste. Au sujet duquel il a rappelé que le millefeuille institutionnel cantonal n’était pas seulement  constitué de deux couches, mais au moins de trois sinon quatre étages si l’on compte les nombreux organismes intercantonaux voire intercommunaux, eux aussi appelés à traiter de certains sujets.

Et de s’attarder quelques instants sur un problème traité déjà au niveau de la Constituante, celui de la territorialité ou de l’adéquation d’un espace donné à l’accomplissement de certains types de buts sociaux. Le traitement idéal de chaque tâche demande un périmètre particulier et différent.

Ce qui ne rend pas la chose aisée, mais rappelle que les fusions de communes qui se multiplient sont là pour concrétiser le souhait de l’Assemblée Constituante de diminuer leur nombre, et justement aussi pour répondre aux problèmes de périmètre. Qui ne s’arrêtent d’ailleurs pas aux frontières du canton.

Des comptes 2009 excédentaires

La Municipalité avait établi un budget « de crise » pour 2009 qui s’est finalement révélé trop pessimiste, notamment au niveau des rentrées fiscales en provenance de l’impôt sur les sociétés. Si bien que les comptes 2009 présentés à l’examen du Conseil font ressortir un excédent de recettes de Fr.130’000.- sur un total de recettes et dépenses de l’ordre de Fr. 9.5 millions. La commission de gestion va se pencher au chevet de ce volumineux dossier.

Un rapport de gestion nouveau modèle

A côté des comptes réglementaires, la Municipalité a souhaité déposer pour la première fois un véritable rapport de gestion, afin de retracer son activité 2009. Le syndic Raphaël Darbellay a précisé «  qu’il s’agissait pour l’instant d’un premier essai, susceptible de changer et soumis aux critiques des conseillers ».

Une activité culturelle plutôt pauvre

Chaque année la commission culturelle se penche sur l’activité…culturelle  dans la commune et fournit un rapport détaillé à ce sujet. Rapport qui reste toutefois consultatif et ne fait pas l’objet d’un votation ou de décisions financières encourageant l’offre culturelle à Ballaigues.

Une offre pauvre en comparaison d’autres communes de même grandeur. Si la Municipalité se déclare ouverte aux propositions, elle ne semble pas très encline à vouloir promouvoir d’elle-même la culture à Ballaigues, qu’elle estime plutôt ressortir du domaine de l’initiative privée. La commission verrait bien la création d’un dicastère de la culture. La Municipalité y réfléchit.

En attendant, le Syndic a clairement indiqué que si le Conseil voulait que des fonds soient affectés au développement et au soutien de la culture au sens large, il devait alors préparer le terrain et fixer des objectifs financiers clairs et précis à la Municipalité, l’argent restant le nerf de la guerre.

Ceci étant valable aussi pour d’éventuelles garanties de déficits, même très limitées, que suggérait Julien Leresche, pour favoriser l’organisation de manifestations, ou même la mise à disposition gratuite de certains locaux communaux.

On peut se demander sur ce point si l’exemple de la CCLO à Orbe, qui dispose d’un budget et organise elle-même nombre d’évènements de qualité, ne pourrait pas être suivi.

Car on ne peut s’empêcher de penser que la Commission culturelle de Ballaigues fait son travail avec conscience, mais souffre chroniquement de ne pouvoir que constater l’état, sans pouvoir formellement proposer et mettre en œuvre des améliorations.

Photo Olivier Gfeller

Innovation

Osons

Innovation

Innovation

Mais pourquoi sommes-nous si frileux face à l’innovation? Pourquoi y-a-t-il si peu d’entreprises nouvelles dans cette région? Quelles raisons font que l’on n’ose pas donner son avis en public?

Les politiciens de notre canton sont bien discrets à Berne. Les Vaudois ont décidément beaucoup de peine à se profiler. A l’image de notre gouvernement cantonal, plus soucieux d’équilibrer ses comptes que de lancer des projets intéressants, comme l’avait été le M2. Avec une administration cantonale plus prompte à mettre des bâtons dans les roues que d’encourager le développement.

Dans un autre domaine, prenons l’exemple du Lausanne-Sports en finale de la coupe de Suisse de football. Peu avant le rendez-vous de Bâle, le président du club s’était dit satisfait de savoir que 8’000 Vaudois feraient le déplacement, plutôt que d’encourager les gens à se déplacer en masse pour soutenir son équipe.

Les joueurs ont ressenti ce manque d’ambition et ne sont pas parvenus à se sublimer, comme les Valaisans le font, en pareille circonstance, devant un canton entier réuni pour les soutenir. Il suffit aussi de parcourir l’autoroute Zürich-Genève pour se rendre compte qu’après Berne, le trafic des poids lourds diminue sensiblement.

Preuve que l’industrie et l’économie ne se trouvent pas de ce côté-ci de la Sarine. Nos pôles de développement ne parviennent pas à décoller alors que du côté de Bulle, c’est l’explosion. Il faut des idées, de l’initiative, du culot, du courage pour changer un peu la donne.

Et il ne suffit pas d’avoir l’amour des lois, comme le clame notre hymne cantonal, pour réussir mais bien d’être ambitieux et bien plus combatif que nous ne le sommes.

Vue générale du vernissage.

La Minoterie : regards croisés

Vue générale du vernissage.

Vue générale du vernissage.

Destins croisés au fil de l’Orbe

Etranges destins croisés de la rive gauche à la rive droite de l’Orbe, que ceux d’artistes soucieux de faire vivre en l’état une friche industrielle, et ceux d’une autre équipe, plus axée sur le retour aux sources historiques de cette même friche : le site des Moulinets et Rodynam.

Alors que depuis 2009, une équipe s’ingénie à mettre en valeur un patrimoine historique, une autre est née presque en silence, en face, sans vraiment connaître la première, dans un bâtiment en béton nettement moins chaleureux. Une vingtaine d’artistes se sont en effet regroupés dans le Collectif Rodynam, à l’initiative du musicien et artiste visuel Nicolas Raufaste, enfant d’Orbe, pour l’heure émigré au bout du lac Léman pour cause d’études d’arts visuels.

Et cette équipe, contrairement à l’autre, prend les bâtiments en l’état pour leur redonner une autre vie à venir grâce aux arts visuels.

La Minoterie

Sous cette appellation ont lieu en mai-juin deux expositions parallèles, l’une essentiellement consacrée à des travaux photographiques portant sur les bâtiments eux-mêmes, l’autre, regroupant des travaux d’artistes travaillant dans ces lieux et ayant rejoint, au hasard des rencontres, le groupe de base du Collectif Rodynam.

C’est ainsi qu’avaient lieu vendredi 14 mai les vernissages successifs rive droite, rive gauche de cet espace multiculturel, en présence de presque tous les artistes qui y exposent leurs œuvres. A relever que cette manifestation a été rendue possible d’abord grâce à l’aide du canton, à travers son Fonds cantonal pour les activités culturelles, de la CCLO ensuite qui a permis au vernissage de se dérouler avec une animation musicale de John Menoud et Piero SK et bien sûr aussi grâce à l’équipe de Patrimoine 2010 qui met à disposition une salle, jusque-là inexploitée.

Regards croisés de jeunes artistes

Ils et elles sont tous issu(e)s ou en formation dans des écoles de Suisse romande telle l’ECAL, l’Ecole de photographie  de Vevey, l’EPFL en architecture notamment ou des écoles d’arts décoratifs. L’une réside actuellement à Dresde dans le cadre du programme Erasmus, l’autre est à New York, l’autre à Genève.

Et malgré la diversité de leurs origines, de leurs formations et de leurs approches personnelles, on sent passer chez eux un vent de fraîcheur commun en les observant terminer l’accrochage de leurs œuvres : il y a, à l’évidence, des dons multiples et des talents, dépourvus de suffisance ou de marées d’explications fumeuses, et producteurs d’œuvres fortes.

A voir en particulier les déclinaisons chromatiques de Fred Kittel,  les espaces grands formats de Maya Rochat et les miniatures dansantes en noir-blanc de Léna Borden. A pénétrer aussi, la danse  architecturale de Claire Dessimoz, sorte de pré-projet simultané précédant la réflexion proprement dite de l’architecte.

Autant de travaux en relation avec les bâtiments qui les abritent et chargés de l’esprit d’artistes contemporains à découvrir.

Photo Olivier Gfeller

Rita Piguet pendant sa présentation.

Petits Déjeuners-Contacts

Rita Piguet pendant sa présentation.

Rita Piguet pendant sa présentation.

Dernière réunion  de la saison 2009-2010

Pour sa dernière réunion de la saison qui s’est tenue mardi  4 mai dans une salle du restaurant de Juraparc au Mont d’Orzeires, l’équipe des Petits Déjeuners-Contacts de Vallorbe avait fait appel à la coordinatrice de l’organisation en Suisse romande, Rita Piguet, à qui il a été demandé de présenter un exposé intitulé : «90-60-90 ne sont pas mes mesures! Quelle est ma valeur?».

Un sujet  que l’oratrice du jour, mariée et mère de trois enfants adultes, a abordé non sans une certaine facétie, puisque elle avait apporté en cadeau pour chaque participant : un centimètre rétractable permettant de pratiquer toutes les mesures utiles...

Et qu’elle débuta son exposé en rappelant quelques souvenirs personnels du temps où elle tenait un magasin familial et où, déjà, l’emballage des pommes Golden influait sans aucune raison objective sur le prix du même fruit, selon que ce dernier était présenté sur une couche, sur deux  couches ou en vrac. A l’image des pommes de sa jeunesse, Rita Piguet dénonce la valorisation beaucoup trop fréquente de la personne sur le seul emballage, la seule apparence, le paraître.

Parce que je le vaux bien

Et de rappeler que les publicitaires s’ingénient à trouver l’emballage le plus attrayant pour y loger une marchandise dont ils veulent impérativement augmenter les ventes. Si le sac frappé aux armes d’un grand palace permet à celle qui le porte d’être mieux servie dans un magasin que celle qui y pénétrera avec «un vulgaire sac de grande surface», il en va de même de nombre de slogans publicitaires qui véhiculent une image parfaite et lisse et un besoin de s’y conformer ou de lui ressembler.

Une grande marque de cosmétiques ne fait-elle pas dire à chaque intervention de l’une de ses nombreuses égéries, «c’est parce que vous le valez bien».

For intérieur à restaurer

Sans prétendre épuiser le sujet, Rita Piguet a tenu à rappeler aux participantes que la valeur de chacun est unique et qu’elle est avant tout intérieure. Faite de qualités de cœur comme de capacités spécifiques et d’expériences acquises. A ses yeux, chaque être humain est un original : «Ce n’est donc pas en copie qu’il doit mourir» mais avec ses qualités et ses défauts.

Et l’inventaire introspectif de ces éléments permet de les développer ou au contraire de les contrecarrer. Rita Piguet place l’ensemble de ce processus dans une perspective chrétienne, mais son propos ne perd aucune valeur si on l’en extrait pour le regarder sous un angle plus laïc.

Car quel et qui que soit l’initiateur du monde dans lequel nous vivons, il a sans aucun doute voulu fabriquer des individus uniques capables, au fil des expériences, de se restaurer avec minutie en vue de présenter un for intérieur chaque jour amélioré et moins culpabilisant.

Photo Olivier Gfeller

Quartier du Verneret

Chavornay : baston au Verneret

Quartier du Verneret

Quartier du Verneret

La presse quotidienne a relaté les incidents qui se sont produits à proximité de la grande salle de Chavornay, le week-end dernier. Pour rappel, un adulte a été agressé par trois jeunes de 17 ans alors qu’il était venu rappeler à l’ordre ce petit groupe bruyant.

La victime a reçu plusieurs coups de cutter et a dû être transportée à l’hôpital, sans que sa vie soit en danger. Le lendemain après-midi, ses trois frères ont voulu venger la victime mais ont frappé des jeunes qui n’étaient pas impliqués dans la bagarre du soir précédent.

Concierge contre voyous

Selon nos informations, l’incident du premier soir a impliqué le concierge d’un nouvel immeuble, à proximité du collège, qui a voulu intervenir au nom de ses locataires. Mal lui en a pris car le trio était connu pour avoir déjà eu maille à partir avec la justice.

Pire, puisque l’un des protagonistes est actuellement en séjour dans une maison de redressement en Valais bien qu’habitant de Chavornay. Ces jeunes sont connus pour consommer de la drogue et de l’alcool, comme c’était le cas ce soir-là.

Par bonheur, la victime, qui avait perdu beaucoup de sang après avoir été frappée à divers endroits, n’a passé que quelques jours à l’hôpital.

Vendetta aveugle

Le fait que les personnes impliquées soient d’origine albanaise, bien que certaines possèdent aussi le passeport suisse, peut éventuellement expliquer la scène du lendemain.

Pour une véritable vendetta puisque les trois frères du concierge se sont vengés le samedi, en se rendant sur l’emplacement du drame. Y trouvant quelques ados, ils se sont mis à frapper sans connaître l’identité des personnes présentes, laissant un blessé, sérieusement tuméfié, qui a déposé plainte face à cette agression gratuite.

Inadmissible

Il est entendu que personne à Chavornay ne s’attendait à un tel déploiement de violence. Sauf peut-être dans les milieux proches de la jeunesse puisque certains comportements laissaient à désirer.

La commune a engagé récemment une éducatrice de rue et on espère que son action va pouvoir désamorcer la tension qui règne occasionnellement du côté du terrain de football ou au Petit Parc, proche du magasin Denner. Afin que Chavornay ne s’accommode jamais de cette violence gratuite.

Photo Pierre Mercier

Femmes en burqa en France

Interdiction de la burqa, un problème mal posé

Femmes en burqa en France

Femmes en burqa en France

Après la Belgique et la France, la Suisse se pose également la question de l’interdiction de la burqa, par le biais du Grand Conseil argovien. S’il est évident que le port de la burqa n’est pas souhaitable dans notre société, ni dans les autres d’ailleurs, il n’en reste pas moins que les raisons invoquées me semblent toujours sortir du cadre politique et donc civil auquel elles devraient se limiter.

Le voile, et encore moins la burqa ou le niqab, ne sont des prescriptions islamiques et les femmes du prophète autant que ses filles ne l’on jamais porté. Le port du foulard est moins lié à la tradition musulmane qu’à diverses traditions méditerranéennes bien antérieures à l’Islam.

Cette pratique vestimentaire a été par la suite «entérinée» dans la culture islamique via une interprétation peu solide du Coran et des Hadith.

Il est donc fort regrettable que des politiciens, abondamment suivis par les médias nationaux, lient cette question à celle de la religion, reproduisant un débat tronqué par les peurs et les relents d’islamophobie qui, de fait, ne font que cristalliser une xénophobie longtemps refoulée.

La vraie question est celle du vivre ensemble dans une société civile, ouverte et démocratique. Il n’est pas tolérable que quiconque évolue dans l’espace public le visage couvert, que ce soit avec une cagoule, un masque ou une burqa - bien que des exceptions soient faites pour les deux premiers - et cela non pas uniquement pour des raisons de sécurité, mais bien au nom d’une règle commune de vie en société.

Même si certains cantons comme le nôtre gardent un lien avec les Eglises, en les reconnaissant d’intérêt publique et en les finançant, Etat et Eglise sont en théorie séparés. La religion est reléguée à la sphère privée et n’intervient pas dans la sphère publique. C’est du moins ce que nous appelions la modernité, et que l’occident brandissait fièrement à la face des pays dits«en voie de développement».

Il est donc fort regrettable que des politiciens, des médias et d’autres acteurs de la société civile se fassent les vecteurs des discours, voire des idéologies religieuses dans la sphère publique, et que tous les débats éthiques ou politiques soient argumentés sur des bases culturelles, alors que notre seul souci devrait être de pouvoir vivre ensemble dans une règle commune, indépendamment des considérations religieuses ou culturelles.

Cessons de parler de religion et débattons des questions qui se posent sans négliger le caractère civil de notre société.

Frédéric Richard – Historien des religions